Economie, Lecture

Du Great Reset au Great Reload. Le Jour d’après de Philippe de VILLIERS.

Je suis, parfois – rarement quand même – assailli par de mauvaises pensées. J’aimerais être un dictateur pour imposer la lecture de ce livre à tous les Français. Badinage mis à part, le livre de Philippe de VILLIERS, Le jour d’après, qui vient de paraître, est un miroir cruel et terriblement éclairant de la dystopie que nous vivons. Philippe de Villiers opère, dans un style à la fois élégant, sombre et drôle, un travail de réinformation, une mise en point nécessaire face au silence complice des médias et de la classe politique qui disent plus par leurs silences que par leurs paroles, profondément démonétisées. Dans Le jour d’après, Philippe de Villiers déchire précisément le voile du silence, décrit la « crise sanitaire » pour ce qu’elle est : une entreprise politique, une ingénierie sociale de grande ampleur dont le laboratoire n’est pas celui de Wuhan mais le monde lui-même. Son cobaye ? L’homme. Ses instruments ? La société. Son protocole ? Le fameux « protocole sanitaire ».

Philippe de Villiers structure son ouvrage en 16 chapitres alertes et de lecture aisée. Pourtant le plan structurant n’apparaît pas dans la division des chapitres mais plutôt dans le titre excellemment choisi : Le jour d’après. L’auteur, évoque dans son ouvrage trois jours : le jour d’avant, la société solide et ancrée que nous sommes en train d’abandonner, aujourd’hui, le jour du Great Reset, la grande réinitialisation, la « fenêtre d’opportunité », le Kairos de Davos et le jour d’après, justement, le but, la remodélisation, le changement de société et le changement d’homme, le Great Reload, le grand chargement.

Le Jour d’avant, l’ancrage 

Le jour d’avant apparaît par traces dans le livre, à travers les paroles de Brel ou le très beau chapitre VI sur « Les derniers roulis de l’ancien monde ». Si Le Jour d’après était un roman, nul doute que son personnage principal serait la mer. Philippe de Villiers voit dans la mer l’espace polysémique par excellence.

Il y a la mer des flux et des reflux, l’espace géopolitique horizontal et sans frontières, qui a ouvert l’ère des thalassocraties dont l’Amérique est le modèle le plus abouti. La mer est aussi la métaphore de la société liquide, celle du mouvement permanent, du nomadisme universel.

Mais la mer est aussi l’espace du risque, de l’exploration, de l’inconnu et de l’héroïsme. Philippe de Villiers revient, dans une écriture à la fois lyrique et épique, sur le sauvetage de Kévin Escoffier par Jean Le Cam lors du Vendée Globe de décembre 2020 qui met à nu les deux faces de l’homme, l’homme épais, ancré, l’homme complexe, l’homme profond : rugueux dans la course, fier dans son désir de conquérir la victoire, il sait suspendre cette rivalité pour secourir son « prochain », une survivance de la société ancrée, fraternelle, traditionnelle.

Le Jour d’avant apparaît par touche dans la vie comme dans le livre de Philippe de Villiers. Il s’immisce discrètement dans le « dîner du dévoilement » à travers le pastis, l’alcool « gilet jaune », désespérément absent à l’Elysée, remplacé par le whisky que Philippe de Villiers n’aime pas. Avec ce pastis disparu, disparaissent l’ivresse du monde ancien, l’imaginaire populaire, la camaraderie gouaillarde, la table des parties de cartes. Escartefigue a déserté le Vieux-port pour laisser place au nouveau peuple en Nike la France.

Mais le Jour d’avant, c’est surtout la disparition de tous les murs porteurs qui ont fait s’écrouler l’édifice, cette cathédrale, qu’est la France : l’Autorité, la Sécurité, la Souveraineté remplacée par l’ «État de droit » qui nous étouffe avec ses « cinq cours suprêmes » et enfin l’Identité. Philippe de Villiers, en deux pages, fait une histoire saisissante de la politique immigrationniste de Pompidou à Macron. « La grande chaîne des renoncements », de notre pleutrerie, qui a ouvert l’ère du Grand remplacement.

Aujourd’hui, le Great Reset

Philippe de Villiers le dit avec une netteté définitive et qui je l’espère sera entendue par les Français : « Ce projet consiste à profiter du Covid pour nous faire basculer dans la société distanciée, désagrégée, du contrôle social. Il n’y a pas de conjuration à chercher, la feuille de route est publique ». En effet, il vous en coûtera 11 caractères à écrire sur la barre de recherche de votre ordinateur (weforum.org) et le prix d’un livre cité abondamment par Philippe de Villiers, Covid-19 – La Grande Réinitialisation de Klaus Schwab, le fondateur du Forum de Davos, et Thierry Malleret. Il n’y a strictement aucun complot. Nous sommes masqués. Eux, avancent démasqués. Tout est exprimé dans une transparence, presque cynique. Il existe, en effet, un agenda davocratique, l’Agenda 2030, voté par l’Assemblée Générale de l’ONU qui se déploie patiemment, méthodiquement, sous l’égide de Klaus Schwab, le véritable maître des horloges, et un agenda démocratique qui ne compte pour rien, qui entérine, par un rituel obsolète – l’élection -, les dirigeants déjà choisis et nommés par les cercles d’influences et les médias dominants. 

L ’ « envers du décor » est bien là. Le propre de ce que j’appelle le davoscène, c’est d’abord la scène : derrière la scène des États, le pouvoir en coulisses, celui de l’État profond, qui l’est de moins en moins d’ailleurs tant il apparaît au grand jour. Klaus Schwab est une figure itérative dans le livre. Son ombre ne nous quitte jamais, comme lui n’a pour ainsi dire, depuis la création du Forum de Davos en 1971, jamais vraiment quitté les sphères de l’État profond. Il apparaît en effet, dès 1976, comme le « Big Boss », « plus haut » que l’Élysée, celui qui permet de reprendre l’usine de Bort-les-Orgues. En 2007, il est celui dont le patron de British Telecom dit qu’il lui suffit de « décrocher son téléphone pour joindre n’importe qui dans le monde ». Il écrit, en 2020, à propos de la crise du Covid-19 : « Beaucoup d’entre nous se demandent quand les choses reviendront à la normale. Pour faire court la réponse est : jamais. La normalité d’avant la crise est brisée ». Qui tient le gouvernail, alors ? Derrière le masque du Président de la République, Emmanuel Macron, apparaît le roi nu, le chief executive officer de Davos-France que Jacques Attali dit avoir repéré et surtout « inventé, totalement ». Le Président n’émerge plus dans l’histoire, il n’a plus l’étoffe des « grands hommes » : il s’élabore, il est l’objet d’une ingénierie, il obéit à un patron, au double sens du terme, il est façonné par les mains d’un Pygmalion qui, lui, sait où il veut aller. Il doit donner « l’impression physique d’un jeune homme qui n’est pas fini » nous dit Philippe de Villiers dans le « dîner du dévoilement », absolument hallucinant, dont je ne dirai rien de plus pour laisser le lecteur le découvrir.

Davos est notre fatum postmoderne. « Ce que nous avons vécu a déjà été joué » comme nous le montre Philippe de Villiers dans cet exercice hallucinant de simulation du déclenchement d’une épidémie planétaire, l’Event 201, qui a eu lieu le 18 octobre 2019 ! L’auteur n’en déduit pas du tout une fabrication de la pandémie mais l’arrivée de Covid-19 a simplement bousculé les agendas, a précipité le fameux « point de bascule » pour le Great Reset.

Par l’agenda du Forum de Davos, par les financements de Soros, des fondations diverses (Bill et Melinda Gates, Rockefeller), des fonds de pension (Black Rock), s’opère une « remise à zéro » dont Philippe de Villiers analyse le caractère systémique derrière l’apparente déconnexion des événements. Il existe « deux remises à zéro » : celle du Great Reset et de la Cancel culture dont « la coïncidence n’est pas que chronologique ». En effet, le Great Reset et la Cancel culture obéissent à la même dynamique : la table rase héritée de l’imaginaire révolutionnaire (« Robespierre, l’homme de l’Être suprême (…) qui tenta lui aussi son Great Reset »), la « culture de l’effacement » c’est-à-dire l’oubli de l’histoire et des ancrages par la réécriture des classiques, par l’idéologie décoloniale qui est en définitive une idéologie recoloniale, par la woke culture qui est la mise en sommeil de notre civilisation. C’est l’ « amnésie des grandeurs », le déboulonnage des héros, la civilisation du Léthé. Mais c’est surtout l’oubli de la nature qui heurte l’auteur : l’abolition des sexes par le genre, l’abolition des généalogies, la promotion de l’artifice, l’écologisme sans nature des « khmers verts ».

Le Jour d’après, le Great Reload 

En informatique, après avoir tout remis à zéro, on reprogramme, on opère le chargement du nouveau logiciel. Ce qui est terrible dans l’histoire, c’est que l’opinion publique a toujours un temps de retard. Alors que nous devisons sur l’existence ou non d’un Great Reset, sur le complotisme des « réfractaires », eux, en sont déjà à la reprogrammation. 

Philippe de Villiers nous dresse un portrait glaçant de cette nouvelle société. Klaus Schwab est un « grand magicien » comme dirait Montesquieu dans Lettres persanes. On croyait voir du « néo-libéralisme », il sort du chapeau le communisme 4.0 : « L’empire biotechnologique est en train de s’installer comme une sorte de collectivisme privatif ». Comme le dit Pierre Veltz dans L’économie désirable (Seuil, 2021, p.19) : « Un double passage s’opère : celui d’une économie des objets à une économie des usages et des expériences ; celui d’une économie de la propriété à une économie de l’accès ». Nous assistons avec le Great Reload à une vaste entreprise de dépossession. La propriété privé est en phase d’obsolescence programmée  au profit d’une location universelle. Ida Auken, ancienne ministre danoise, déclare : « Vous ne possèderez plus rien. Et vous en serez heureux ». Les services remplacent les produits, les e-choses remplacent les choses, les cybervilles remplacent les villes : « On va fabriquer des urbains sans urbanité ». Philippe de Villiers met en évidence l’alliance objective entre les écologistes, les libéraux-libertaires dans un paradoxal communisme postmoderne.

L’ algorithme est notre nouvelle police secrète, la Vétcheka de la postmodernité. Mais pour nous, pauvres aveugles, il reste l’ « Oncle Algo », fait partie des murs, de notre intimité, il « réclame notre addiction » et l’obtient sans problème. « Nous avons tous vocation à devenir le lumpenprolétariat du clic » nous dit Philippe de Villliers dans une de ces formules dont il a le secret. L’algorithme collecte nos données. Et nous collectivisons notre identité dans un capitalisme de prédation côté pile, dans un kolkhoze identitaire côté face. La pièce est la même. L’homme est entré dans l’ère du « digital socialisme ». Il est tracé, traqué, le passeport vaccinal est la métaphore de l’octroi dans un monde qui, nous dit Philippe de Villiers, se reféodalise. Nous sommes les serfs, mais les seigneurs nous soufflent : « Sicut dei eritis ». Et nous, nous marchons, dans la combine… 

Notre identité est externalisée. Elle a vocation à devenir numérique. Klaus Schwab, le chantre de la 4èmerévolution industrielle, estime dépassée l’identité personnelle ou familiale : « Les identités sont devenues plus fongibles ». Pour Philippe Guillemand, chercheur en Intelligence Artificielle, que cite de Villiers, le « masquage est un prélude à la vaccination, qui elle-même est un prélude au traçage humain qui s’ensuivra naturellement, avant de nous conduire en très peu de temps à l’ère transhumaniste, introduite par l’analyse en temps réel de tous nos gestes, actes, déplacements et rencontres ». Pour Davos, le « cerveau est le champ de bataille du futur », dans une conception de l’homme qui a tout d’une gnostique postmoderne. Si ce mouvement a été lancé, dès mars 2000, avec l’ « économie de la connaissance », nous ne percevons qu’aujourd’hui les conséquences désastreuses de cette idéologie gnostique mortifère qui déconsidère le corps et l’incarnation pour valoriser un esprit externalisé, collectivisé, dépersonnalisé. Larry Page, le fondateur de Google va plus loin: « Le cerveau humain est un ordinateur obsolète qui a besoin d’un processus plus rapide et d’une mémoire plus étendue ». La Mettrie resurgit du XVIIIème siècle avec un « homme-machine 4.0 ». Il ne nous reste plus que le complexe ne pas être un robot ou plutôt l’impatience d’enfin le devenir.

Philippe de Villiers refuse tout cela avec l’âme d’un serviteur de la France. Son livre est d’une glaçante lucidité. Mais c’est la lucidité qui forge l’esprit d’insurrection. Face à l’inadmissible, nous n’avons d’autres solutions que de nous insurger, chacun à notre place. Ce combat doit être mené avec toute l ’intransigeance des « réfractaires ». Je vois trois combattants, trois serviteurs dans le débat public qui luttent corps et âme contre le remplacement de la France par le Tiers-monde, contre le remplacement de l’histoire par le roman international, de l’homme par l’homme augmenté donc diminué, de la civilisation du prochain, de la civilité  par la barbarie du distanciel et de la « décivilisation » : Philippe de Villiers, Eric Zemmour, Renaud Camus. Je sais les différences entre ces serviteurs du quotidien. Mais j’espère que ces forces s’uniront un jour pour sortir de cette dystopie promise par un fatum contre lequel la lutte est désormais un impératif. 

5 réflexions au sujet de “Du Great Reset au Great Reload. Le Jour d’après de Philippe de VILLIERS.”

  1. Merci à vous pour cette excellente présentation du livre de P. de VILLIERS. Voilà une belle analyse.
    Comment faire pour empêcher et contrer un tel processus ?
    Bien à vous,

    Christine CHARNAY

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    1. Un vif merci pour votre retour. La question est vaste et mériterait un texte à part entière. Quelques éléments de réponse néanmoins, pêle-mêle. Nous devons nous libérer de l’Etat profond : cela passe par la dénonciation de certains traités qui nous lient (UE, CEDH notamment), remettre le pouvoir judiciaire à sa place, en finir avec la tyrannie de l’Etat de droit qui nous paralyse. Les modalités d’action sur ce point sont diplomatiques en externe et juridiques en interne. Il est nécessaire de régler la question des banlieues islamisées, qui ne sont plus la France, par la remigration : retrouver notre intégrité territoriale, tout simplement. On ne peut continuer comme cela. Pour le Great Reset, on est au croisement d’approches spirituelles, philosophiques, juridiques, économiques et technologiques. Des mesures techniques seules ne suffiront pas. Elles doivent s’inscrire dans un projet plus large : sortir de l’anthropologie des Lumières (individualisme, libéralisme, économisme) notamment. Je crois qu’il faut préalablement poser le socle intellectuel pour aborder ensuite les mesures concrètes. Cela prend du temps. C’est en tout cas tout le sens de nos travaux.
      Bien à vous.
      F. Lozère

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      1. Madame, Monsieur LOZÈRE,

        Merci pour votre retour.
        Je suis d’accord avec vos propositions. Comment faire pour œuvrer avec vous?? Je suis chargée de mission en matière de veille et informations juridiques dans une administration d’Etat. J’aimerais m’engager.
        Bien à vous,

        Christine CHARNAY

        Envoyé de mon iPhone

        Aimé par 1 personne

  2. Merci à vous pour cette excellente présentation du livre de Philippe de VILLIERS.
    Que peut-on faire concrètement pour empêcher ce processus dont on ne veut pas ??

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  3. Article intéressant qui donne envie de lire ce livre de Philippe de Villiers qui est un des piliers de la dissidence patriote. Peut-être le ferai-je. Seulement, je me demande s’il est encore temps d’écrire des livres. Il serait sans doute plus efficace de répertorier les quelques moyens d’action dont nous disposons encore pour combattre le chaos et lutter contre la véritable pègre qui dirige le Monde. Un peu par hasard, j’ai trouvé sur la toile un livre en PDF de Gene SHARP : «  De la dictature à la démocratie » qui comprend une annexe intitulée : «  Les méthodes de l’action non violente » à partir de la page 117 et liste 198 méthodes de « protestation et de persuasion non violente ». C’est ce genre de document qui me paraît le plus utile aujourd’hui.

    DE LA DICTATURE À LA DÉMOCRATIE – Albert Einstein …
    https://www.aeinstein.org › FDTD_French

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