Chroniques

Le pass sanitaire, un pass politique ?

Le Great Reset a introduit son lot de nouveaux termes pour donner une consistance symbolique et lexicale à la 4ème révolution industrielle et effacer le monde ancien : le « distanciel », nouveau mode d’être avec autrui, la « numérisation », nouveau mode de travail, nouvelle mémoire, la « jauge » pour quantifier le nombre de personnes ayant accès à tel lieu ou à tel service. Le Great Reload a les siens : le Pass sanitaire est la première manifestation de ce nouveau mode d’être au monde et contient une charge sémantique, symbolique, politique et anthropologique qu’il convient de ne pas négliger. 

Le gouvernement a mis à disposition du public sur le site gouvernement.fr « tout ce qu’il faut savoir » sur le pass sanitaire : https://www.gouvernement.fr/pass-sanitaire-toutes-les-reponses-a-vos-questions.

La finalité du pass sanitaire s’inscrit dans le « schéma d’allègement des mesures de contrôle et de réouverture des établissements ». Autrement dit, la privation initiale de libertés publiques, par la fermeture arbitraire d’établissements de restauration, de culture ou de loisirs, sera abolie par la privation nouvelle de libertés publiques : celle d’aller et venir. Nous nous trouvons dans une cascade de privations de libertés dont Davos-France ne parvient à sortir, un peu comme Macbeth ne parvenant à sortir de la spirale du meurtre. Le Conseil scientifique dans son avis du 3 mai, en considérant l’usage du pass sanitaire comme « temporaire et exceptionnel », l’inscrit bien dans la logique de l’état d’urgence et admet ainsi le caractère suspensif de libertés. 

La formulation choisie pour caractériser cet état de « dictature » – au sens romain du terme – est pourtant singulièrement décalée puisque le gouvernement estime que le pass sanitaire est un « pacte de confiance qui serait proposé aux Français ». Le terme « Pacte de confiance » est un écho singulier au nouveau contrat social évoqué par Covid-19, La Grande réinitialisation de Klaus Schwab. Loin de n’être qu’un état d’exception, le pass sanitaire semble avoir vocation à être le brevet permanent d’une nouvelle citoyenneté, celle du respect de la nouvelle normativité sanitaire. Il s’agit du point d’aboutissement de l’hystérique téléologie vaccinale que nous vivons depuis un an maintenant, le vaccin étant respectivement un espoir messianique, une denrée rare, puis une panacée démocratisée, tout cela occultant les analyses médicales concurrentes au roman sanitaire – et surtout politique – récité dans les médias mainstream : un vaccin qui n’est pas véritablement un vaccin, un vaccin dont les effets secondaires sont mal évalués, un vaccin dont l’efficacité sanitaire elle-même est plus que douteuse. 

Le pass sanitaire est ainsi un pass avant tout politique. Il centralise sous format papier ou numérique trois informations certes médicales : les fiches de résultats de tests négatifs, le certificat de rétablissement de la Covid-19, l’attestation de vaccination. Le gouvernement prend soin de distinguer pass sanitaire et pass vaccinal. Il est un intermédiaire entre le carnet de santé et le pass vaccinal, ni tout à fait l’un ni tout à fait l’autre. Il s’agit d’un document contenant des informations médicales mais destinées à réguler les flux de personnes, à exercer une police administrative d’un type nouveau, la police sanitaire. Cette police – et partant le caractère obligatoire du pass – concernera « les événements ou lieux impliquant des grands rassemblements à des fins de loisirs, que l’on peut programmer », ce qui semble restrictif mais le document précise que ce pass serait exigé dans les « situations où le brassage du public est plus à risque au plan sanitaire », soit au-delà de 1000 personnes, ce qui peut impliquer les manifestations, les réunions publiques comme des meetings ou autres. 

Le pass sanitaire est surtout un document structurant l’espace social d’une manière politique. Il existe désormais deux types d’espaces : l’espace couvert par le pass sanitaire, accessible sous condition et l’espace régi par la liberté de déplacement. Il s’agit en fait d’une distinction subtile entre l’espace du consentement, occupable par ceux qui ont signé le nouveau pacte social et sanitaire, une sorte de société politique post-covid, et l’espace indéterminé où se côtoient indistinctement soumis et réfractaires. Davos-France est pris au piège d’un savoureux paradoxe : le mantra de l’élection de 2017 fut la mobilité mythifiée, partout et pour tous. Son modèle fut la société liquide. Or, la marque du quinquennat Macron est le réaménagement de la mobilité dans le sens d’une restriction jamais atteinte depuis 80 ans. C’est la liquidité effective pour les biens, les capitaux mais les hommes sont de plus en plus intégrés  dans une société minérale où l’espace est quadrillé, avec ses sanctuaires brevetés par les autorités sanitaires, ses lieux de sureté utopiques et aseptisés où n’entrera pas la maladie et les autres espaces, les espaces de risque, les espaces de vie. Cette dichotomie spatiale est en réalité une dichotomie politique. Les libertés publiques ne sont pas à proprement parler supprimées. Elles ont des espaces dédiés, ce qui est encore plus subtil et plus inquiétant pour la définition même que l’Occident donne désormais de la liberté. 

1 réflexion au sujet de “Le pass sanitaire, un pass politique ?”

  1. Très bon article qui résume bien le problème posé. En fait, pour tout un chacun le choix va être simple : collaborer ou ne pas collaborer. La deuxième option sera pénalisante mais c’est le prix de la liberté dans un Etat policier. Cela viendra en plus des humiliations, des railleries, des impôts démentiels, de la surveillance permanente et tout le reste. Sachant le peu de courage de la majorité des Français, l’État Macron espère marginaliser ceux qui vont refuser de collaborer. Les collaborateurs sont facilement identifiables : ils sont allés en courant se faire vacciner pour pouvoir partir en vacances à l’étranger cet été. Mon choix est vite fait : je refuse de collaborer, comme mon vieux père qui avait déserté en 42 de l’armée de Vichy pour rejoindre le maquis. Je vais faire comme lui : prendre le maquis car je n’ai pas l’intention de soutenir un régime fasciste d’un genre nouveau au service d’un empire mondialiste qui est une sorte de IVè Reich.

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