Chroniques

Pourquoi nous soutenons Eric Zemmour pour la présidentielle de 2022.

A un mois de l’élection présidentielle, force est de constater que la France est dans une situation tragique, presque inextricable. Les 5 années qui viennent de s’écouler ont plongé le pays dans une situation inédite : déni du peuple à travers la répression des Gilets Jaunes, déni inquiétant de la raison à travers cet épisode calamiteux de la politique sanitaire, affaiblissement de la position internationale de la France, décrépitude intellectuelle et morale, comme en témoignent nos performances éducatives extrêmement préoccupantes et l’ensauvagement de la France. 

La France, en effet, doit faire face, aujourd’hui, à quatre problèmes majeurs. 

Elle doit affronter le Grand Remplacement, tout d’abord, c’est-à-dire la colonisation de la France non plus par des individus étrangers, mais par des peuples, attirés par un système social défiant toute concurrence dont la CAF est le tragique symbole, stimulés par la décadence d’une civilisation jadis florissante que certains ont le plaisir d’humilier et d’écraser, d’autres l’ambition de conquérir. Il s’agit d’une entreprise de colonisation en peau de panthère, visuelle, ethnique, culturelle, que nous ne pouvons plus ignorer si nous souhaitons subsister. La France n’est plus qu’un nom, un agrégat aléatoire de peuples concurrents. C’est une « République française » dont la Cancel culture, le woke tentent d’abolir la mémoire. La France n’est plus même qu’un adjectif, un accident, effaçable au profit de « notre République » ou « notre Europe ». C’est une entreprise de démolition inexorable dont Macron, le géomètre de l’Hexagone, est le facilitateur voire l’acteur zélé. L’enjeu est la servitude volontaire du peuple français, une servitude qu’il finance lui-même par ses contributions, qu’il paie de sa langue, de ses paysages, de son art de vivre, de son ancrage. Nouvel exilé chez lui, le peuple français doit être soumis et fier de l’être. Il est l’emblème, la victime expiatoire de la « dépossession » (Renaud Camus). Cette situation n’est plus tenable ni politiquement ni culturellement.

La France est aux prises ensuite avec la Grande Réinitialisation, ce mouvement qui a été amorcé par la politique sanitaire dont le sordide Macron, à l’image de son miroir Trudeau au Canada, a été l’exécutant. Cette politique sanitaire a eu pour effet de créer une inimitié politique entre Français qui sera longue à cicatriser. Elle a divisé le corps social, le corps moral par une distinction scandaleuse de statut juridique entre vaccinés et non-vaccinés. Elle a dérogé aux principes juridiques les plus élémentaires : l’unité du droit, le principe erga omnes, la proportion entre les moyens et les fins, les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République comme la liberté de circulation ou autre. Elle a surtout érigé l’irrationalité en art de gouverner : la technocratie a empilé pendant deux ans les états d’urgence factices, les lois iniques, les décrets et dispositions réglementaires ridicules qui ont fait honte aux Français. Il est presque heureux que cette folie ait saisi l’ensemble des pays occidentaux pour que la France ne soit pas la seule à sombrer dans cette tragique farce politique. Ce concours de mensonges éhontés et d’idiotie politique a avili les peuples européens. Il a plongé les Français dans une ère du soupçon au sujet de la science et de la médecine, nous, le pays de Descartes, de Pascal, de Pasteur !

Derrière cette politique sanitaire monstrueuse, c’est un drame autrement plus important qui se joue : celui de la dépendance structurelle de la France. En effet, la Grande Réinitialisation est l’âge de la gouvernance intégrée, de la « régionalisation » (Klaus Schwab dans Covid-19, Great Reset) dont l’Union européenne est le nouveau Léviathan. La France est sommée d’être l’appendice de l’UE, elle-même appendice de l’OTAN, elle-même appendice des États-Unis. Cette situation de dépendance est accentuée par la reconstitution progressive de deux grands blocs politiques dont la guerre russe en Ukraine pourrait être un accélérateur. Le Président Poutine a, le 7 février, par un protocole glacial, signifié que le président français n’était plus un interlocuteur pertinent et décisionnel dans le conflit qui se préparait. Il a tragiquement raison. La voix de la France ne porte plus. Sa voix s’est confondue avec un universalisme hors de saison, nuisible politiquement, un droit-de-l’hommisme factice qui a montré aux yeux du monde son appartenance au camp des faibles et des nations décadentes. Le regard des pays orientaux et musulmans sur la France, en dépit de l’admiration historique réelle qu’ils lui portent, est sur ce point sans appel : le temps de l’Occident est passé, celui de la France encore plus. Voici venu le temps du lent effacement, de la douce décadence. 

La prolétarisation de son peuple est le quatrième point saillant de cette période. Nous sommes en train de solder la monnaie imaginaire qui a été créée pendant de longues années. La virtualisation de l’économie, la création d’une monnaie-dette pourrie nous ont permis d’entretenir l’illusion d’une croissance pérenne, d’une « résilience » éprouvée face aux crises monétaires de 2008 et 2011 mais le temps de l’addition est venu. L’inflation désormais gagne, par l’effet Cantillon, tous les secteurs de l’économie et une paupérisation généralisée commence à poindre à l’horizon. La France a été vendue à la découpe par une vision économiste de court terme, nous avons bradé notre patrimoine industriel, notre savoir-faire technologique, nous n’avons pas su valoriser notre recherche, et nous voilà dans une situation d’interdépendance délétère qui nous ramène à une position de proie.

La candidature d’Éric Zemmour répond parfaitement au premier point. Le candidat est la voix claire d’une opposition nette au Grand Remplacement en cours en France. Il s’est fait le miroir des angoisses qui oppressent le peuple français depuis de nombreuses années et qui ont été soigneusement, méthodiquement ignorées par la classe politique. Il n’a cessé de faire outrage à la novlangue de l’extrême-centre progressiste et remplaciste, sorocratique, davocratique qui n’envisage l’ancrage que comme un « nationalisme toxique », ne considère la frontière que comme une « discrimination haineuse ». Il a depuis de longues années labouré le terrain intellectuel pour reconquérir une crédibilité politique en affirmant la primauté du soi-même sur l’autre.

Éric Zemmour s’oppose ainsi à ce que j’appelle l’ « altérocratie », le gouvernement de l’Autre par l’Autre et pour l’Autre. Il refuse le consentement fiscal au financement de l’Autre au détriment des nôtres, qui occasionne une prolétarisation désastreuse de notre peuple et une relégation à la périphérie de la France populaire et des classes moyennes comme le dit Christophe Guilluy. Même les cartes de France stratégie l’avouent. Le processus du Grand Remplacement est à l’œuvre dans ce que les médias appellent honteusement les « quartiers populaires » et qui sont en vérité les « quartiers » – au sens militaire – de l’autre peuple. Zemmour a compris cela, depuis longtemps. Ce point est essentiel et mérite de fait tout notre soutien. 

Je trouve Éric Zemmour clairement plus frileux sur la Grande Réinitialisation. Je n’ai pas senti en lui le bloc de granit sur ce thème essentiel comme sur le Grand Remplacement. L’extrême-centre est sur ce point sans ambiguïté : il n’a pas vu ou, pire, a refusé de voir l’attentat contre la liberté, contre l’identité française, contre l’identité de l’homme lui-même qu’ont constitué la politique sanitaire et le système qui l’actionne en coulisses. La voix d’Éric Zemmour, si claire sur l’indépendance française, n’a pas été audible sur son opposition à la Grande Réinitialisation qui est pourtant l’institutionnalisation mondialiste de l’esclavage des peuples européens et du peuple français en particulier. Notre soutien sera aussi un soutien critique sur ce point et nous nous efforcerons de convaincre Éric Zemmour que la Grande Réinitialisation est un sujet politique réel, peut-être le grand sujet politique de cette présidentielle, avec le Grand Remplacement.

On pourra m’objecter : que fait un royaliste dans une campagne présidentielle ? Je le réaffirme : le Roi est l’irremplaçable par excellence. Il est l’incarnation qui fait défaut à nos institutions, à nos acteurs politiques, à notre économie, à tout. Il s’inscrit dans la durée contre les écumes volatiles de l’agenda démocratique. Il est la Légitimité face au caprice de la volonté démocratique. Tout cela, je le sais, et le crois plus que jamais. Mais force est de constater que les conditions ne semblent pas réunies pour espérer renouer à court terme avec ce qui est la vocation de la France. Alors face au désastre du Grand Remplacement, face à l’effacement de notre voix dans le monde, face à la colonisation culturelle par l’Amérique, face à la colonisation démographique par l’Afrique, face à la colonisation économique par la Chine, face au communisme postmoderne qui se prépare inéluctablement et qui avance à grands pas avec la Grande Réinitialisation, que faire ? S’abstenir ? Regarder de loin, de « haut ? Je ne le puis.

Avec Marine Le Pen, Éric Zemmour est celui qui me semble le plus sensible au désespoir de ces Français qui sont spectateurs de leur propre remplacement et de leur propre déclassement, qu’ils paient cher, et qu’ils doivent payer avec le sourire. L’idéal serait une union de ces deux candidatures, presque siamoises. Mais malheureusement, nous n’en prenons pas le chemin. Demos souffre. Davos jubile. Ainsi, nous avons décidé d’apporter notre soutien à celui qui, dans le mensonge de la novlangue, dans l’imposture de la « diabolisation » et du « complotisme », dans l’inversion des signes, a montré une posture claire : stop !

Il est temps de mettre un terme à cette longue agonie. Ou tout au moins de retarder le moment ultime…

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