Chroniques, Europe

L’Union européenne, géant ou néant politique ? 

Alors que se termine la séquence électorale en France, notre agenda démocratique, l’agenda davocratique, le sérieux, le structurant, avance à pas cadencés. Son bras armé : l’Union européenne, cette Machine technocratique dont les États et leurs gouvernements sont des rouages bien huilés pour préparer la catastrophe politique, civilisationnelle et anthropologique qui va noyer l’Europe, la vraie, l’exact contraire du « Notreurope » seriné par Macron.

Le 23 juin 2022 est de ce point de vue une étape cruciale. Le Parlement européen vient de voter la prolongation du pass sanitaire européen jusqu’au 30 juin 2023 avec 453 voix pour, 119 contre et 19 abstentions. Sauf erreur de ma part, François-Xavier Bellamy a voté contre ainsi que Thierry Mariani, Hervé Juvin, Jean-Lin Lacapelle, Nicolas Bay, même certains élus de gauche et surtout Virginie Joron (RN) dont le combat inlassable contre ce sinistre pass mérite d’être amplement salué. Mais, c’est la voix de l’extrême-centre, de l’irrationalité, de la négation de la médecine et de la science, du « narratif » davocratique qui l’a emporté. Non content d’avoir pris les peuples pour des moutons pendant 2 ans, alors que l’origine humaine du Covid est de plus en plus évidente et reconnue, que l’impact sanitaire de la maladie se réduit comme une peau de chagrin, le Parlement européen a opté pour le prolongement du pass sanitaire qui devait pourtant être caduc le 30 juin 2022. Officiellement, il s’agit de « faciliter » les déplacements dans l’hypothèse où des restrictions devraient être réintroduites temporairement (sic !). Ce charabia technocratique ne doit pas cacher la vérité : prolonger le « narratif » sanitaire et maintenir pour un an, dans chaque État, l’acceptabilité collective d’un état d’urgence, objectivement absurde. Si la peur du covid s’effondre, s’effondre en miroir tout le « narratif » du chaos créateur, de la surveillance, de la traçabilité, de l’identité numérique salvatrice, toute la mystique de la santé prédictive que prépare l’Agenda 2030 et le Forum Économique Mondial de Davos. Ceux qui croyaient que le chapitre de la sinistre politique sanitaire allait se fermer en seront pour leurs frais. Damoclès a l’épée juste au-dessus de lui. Le Parlement européen a fait en sorte qu’elle puisse tomber à tout moment, pendant un an encore…

Mais l’Union européenne fait feu de tout bois en ce 23 juin.  A Bruxelles, s’est réuni en effet le sommet des Chefs d’État et de gouvernement, le Conseil européen. Les dirigeants des 27 ont reconnu à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat à l’Union européenne. Le président du Conseil, Charles Michel, y est allé de son « moment historique », de son « étape cruciale sur le chemin vers l’UE ». Volodymyr Zelensky, encore meilleur sur la scène de Davos que dans les séries B, et Maïa Sandu, la présidente moldave, n’ont pas manqué de saluer la décision. Non content de faire une nième provocation à l’encontre de la Russie – outre la scandaleuse livraison d’armes, le soutien à l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN en mai 2022, les déclarations stupides de certains dirigeants sur la faillite de l’économie russe – le Conseil européen fait de l’Ukraine la ligne de partage entre l’Occident et l’Orient. Il reconstruit à travers l’Ukraine de l’Ouest, une sorte de Rzeczpospolita pro-occidentale et à travers l’Ukraine de l’est, qui ne manquera pas de retourner dans le giron russe à mon sens, un khanat tourné vers la Russie et la Chine. Procéder ainsi revient à méconnaître totalement l’histoire de la Russie qui a toujours regardé à la fois avec envie et distance son front occidental (la Suède, la République des deux-nations, la Prusse) et son front oriental (des Tataro-mongols, les Cosaques zaporogues, plus tard les Japonais) avec lesquels ils ont tour à tour coopéré et guerroyé comme le montre magistralement Michel Heller dans Histoire de la Russie et de son Empire. La  dysnastie des Rurik, fondamentale pour les Russes, s’installe à Kiev pour plus de 3 siècles (882-1299). Le 8 janvier 1654, la Rada de l’armée zaporogue décide de se rattacher l’hetmanat au service du « tsar chrétien orthodoxe d’Orient » sous le nom de « Petite Russie ». Sous Catherine II, l’hetmanat d’Ukraine est supprimé en 1764, ainsi que la Sietch zaporogue. La Crimée est rattachée à l’Empire en 1783. Catherine fonde Odessa parce que cela « sonne grec », un port stratégique sur la Mer Noire, tête de pont de son « projet grec » visant Constantinople contre la Turquie. Tout le XIXème siècle témoigne du caractère central de l’Ukraine pour la Russie tant sur le plan économique que géostratégique. Rayer d’un trait de plume cette histoire relève de la « Cancel history » et du déboulonnage de statues… C’est ce que fait l’Union européenne par cette amorce d’entrée de l’Ukraine en son sein. Et je passe sous silence le traitement de la population est-ukrainienne par l’armée régulière – si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi – pendant 8 ans. L’Ukraine est utilisée par les Etats-Unis et l’OTAN comme une ligne de tranchée actant une conflictualité régénérée entre le bloc Occidental et un bloc désormais asiatique où la Russie est de facto rejetée alors que la France avait tout à gagner à essayer de maintenir la Russie dans une position médiane entre les deux géants américains et chinois. L’État profond des pays occidentaux ne l’entend pas ainsi et cette perspective ouverte à l’Ukraine pour entrer dans l’UE est une faute diplomatique, historique, civilisationnelle majeure. 

L’Union européenne est une utopie et une uchronie. Elle est surtout un espace impolitique où les citoyens doivent être les sujets d’une abstraction, les résidents d’un terrain vague, de passage et de brassage, où toute identité est suspecte, toute appartenance fautive, toute culture superflue. L’Union européenne se voyait un géant politique. Elle n’est malheureusement qu’un néant politique, contre l’Europe…

2 réflexions au sujet de “L’Union européenne, géant ou néant politique ? ”

  1. En réponse à votre titre, on peut au moins affirmer sans risque que l’UE, à défaut d’un pur néant, est un géant aux pieds d’argile : sans armée, sans épicentre politique clair, dirigée de loin par de vagues fonctionnaires, gangrenée de partout pour une invasion migratoire, civilisation à la culture en décomposition, population autochtone vieillissante, diplomatie à la petite semaine. En vérité, l’Europe est en voie d’effondrement ; le sous développement est notre futur. Ce fut un empire rêvé qui n’a en fait jamais existé. Tout le vacarme du moment n’est qu’esbroufe et ne parvient plus à cacher notre vassalité volontaire vis à vis des États Unis, autre empire pas très brillant non plus. En réalité, à mon avis, les Macron et autres Von Der Leyen ne sont que les gestionnaires de notre décadence. Il suffit de regarder en face leur magnifique médiocrité pour s’apercevoir qu’ils sont les héritiers de Néron. On va nous infliger des restrictions et de la coercition bien sûr, le tout surnageant dans une sauce d’imbécillité immonde. Il va falloir encaisser encore et toujours mais faisons le consciemment et tranquillement en sortant de la Cité car on n’est pas obligé d’habiter à Sodome même. Être sur le territoire mais à part : les Amish nous montre un exemple.

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