Ordre public et politique sociale

Les cités, laideur de la politique ou politique de la laideur

Les banlieues françaises et les cités sont le laboratoire de l’échec désastreux des politiques d’intégration. La fantasmagorie de « l’immigration, une chance pour la France » a permis de considérer pendant longtemps ces banlieues comme un modèle d’intégration et un propulseur de réussite sociale car son urbanisation, inspirée de l’architecture soviétique, était sensée réaliser un métissage social créateur de richesse culturelle. Cette sociologie utopiste a entraîné des catastrophes dont nous payons toujours le prix. Cette architecture a créé de la laideur tout d’abord. Les barres d’immeubles des banlieues sont élaborées selon une architecture uniformisée, faite de lignes droites et de couleurs sordides qui créent les conditions du déclassement. Cet inesthétisme écrase les habitants dans le fatalisme de la laideur et de l’échec.

Cette architecture a créé aussi, et paradoxalement, de l’anonymat et a renforcé la solitude et l’individualisme. L’utopie collectiviste des cités a laissé place à des barres d’immeubles où la coexistence est forcée par la pauvreté, où règne un anonymat paradoxalement très individualiste et où sont parqués les ouvriers peu qualifiés, les chômeurs ou bénéficiaires du RSA et les immigrés primo-arrivants. Marquée un gigantisme qui avait une symbolique collectiviste forte mais oubliée depuis les années 70, la cité de banlieue produit de la solitude. Le ciment essentiel à ce genre d’habitat n’existe plus. Les associations s’investissent pour « créer du lien social » là où règne au contraire éclatement et atomisme social.

Cet atomisme social engendre un communautarisme évident dans les cités que seuls les idéologues de gauche ne veulent pas voir. Depuis longtemps d’ailleurs, les organismes de logement social (office HLM, OPAC etc.) ont, par facilité de gestion ou par stratégie sociale d’intégration, regroupé ethniquement les immigrés dans les barres d’immeuble : tel immeuble logeait majoritairement des ouvriers et retraités, un autre des immigrés d’Afrique subsaharienne, un autre des arabo-musulmans. Cette stratégie de répartition qui était parée de toute la bonne foi intégratrice s’est avérée un accélérateur désastreux de communautarisation. L’assimilation est devenu difficile ou dans certains quartiers impossible. Il y a un marquage territorial manifesté par les tags dont la symbolique fonctionnait ou fonctionne encore comme une signalisation ésotérique lisible par des membres d’une même bande. Cette tribalisation sociale et ethnique a rendu impossible le règne de l’Etat de droit. Ce qu’on appelle les territoires perdus de la République est le tragique produit du renoncement par la police, c’est-à-dire par l’Etat, à entrer et faire régner l’ordre public. Ce qui était déséquilibre démographique dans les années 90 est devenu pure et simple substitution de population dans les années 2000 et aujourd’hui. Le « grand remplacement » théorisé par Renaud Camus est devenu une réalité absolument incontestable dans les quartiers pudiquement appelés populaires  mais qui sont en fait des quartiers d’immigration massive ethnicisés où prospèrent les mafias ou racailles en tout genre.

Ce vide social, cette fraternité architecturalement mise en scène mais complètement oubliée a été comblée par la délinquance, créatrice de valeurs nouvelles, aux antagonismes des valeurs dites « républicaines », ou de morale première (honnêteté, travail, effort, etc.). La gangstérisation des comportements y compris dès le plus jeune âge n’est pas foncièrement nouvelle – elle date d’au moins une trentaine d’années – mais elle se développe et devient une forme de norme que l’ « héroïsation » désastreuse du délinquant dans le cinéma, les chansons voire les plateaux de télévision n’a fait qu’accentuer.

Dans cette ville, tous les symboles de l’autorité de l’Etat sont défaillants. La famille, souvent monoparentale ou excessivement nombreuse dans des espaces restreints et insalubres, est destructurée et n’offre pas de compensation affective à des jeunes en déshérence. L’école, essentiellement gangrénée par l’idéologie multiculturaliste, renie la culture d’accueil et renonce aux apprentissages fondamentaux. Elle renonce à apprendre le sens de l’écoute, de sens de l’ordre et prépare et conforte l’atomisation sociale.

Cette atomisation sociale est rendue possible parce que les discours sur la France de nos médias, de nos politiques ne font plus unité. Cette haine de soi cultivé absurdement par les médias et les autorités politiques est une opportunité pour la culture islamique de se poser en concurrence et de prendre une revanche historique sur les défaites  militaires et culturelles récentes qu’elle a enregistrée face à la culture chrétienne. Cette politique de la laideur à tous les niveaux a rendu envisageable la « partition » évoquée par François Hollande dans Un Président ne devrait pas dire ça.

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