Affaires extérieures

Les apories du « palestinisme » diplomatique français

Le Quai d’Orsay est connu pour ses inclinations pro-arabes ce qui s’est traduit par une diplomatie pro-palestinienne lors du conflit israélo-arabe des années 70 aux années 2007.

Ce « palestinisme » diplomatique, relayé et entretenu par le Monde diplomatique et d’autres organes de presse au début des années 2000, a été engagé de manière très claire sous Jacques Chirac dès son premier mandat et pose le problème de notre rapport à Israël et de notre capacité à agir dans le conflit au Moyen-Orient. Historiquement, la Palestine trouve son origine étymologique dans le peuple des Philistins (qui a donné falestin en arabe) positionnés de – 1300 avant J.-C. à – 732 dans l’actuelle bande de Gaza et quelques cités au nord comme Ashqelon et Ashdod à l’ouest du royaume de Judée et au sud du Royaume d’Israël. A la suite des conquêtes assyriennes en -732, les Philistins ont fait partie des divers royaumes qui se sont succédés et s’y sont assimilés. Le terme de Palestine a été utilisé sous les Romains et en particulier sous Hadrien lors de la deuxième révolte juive (132-135) qui aboutit à l’expulsion des juifs. Dès lors Jérusalem romanisée est nommés Aelia Capitolina et intégrée à la Syria Palaestina anciennement Syria Judaea pour mieux faire disparaître la présence juive dans le territoire.

Il faut bien être conscient que le toponyme « Palestine » est liée à la lutte contre l’implantation des juifs sur la terre de Judée et qu’il sera utilisé pendant toute la période d’occupation byzantine, arabe et ottomane à ces fins. En 1918, la conquête de la région par les britanniques entraîne en 1920 la création de la Palestine mandataire confiée à l’Empire britannique par la Société des Nations.  Le ministre britannique des Affaires étrangères, lord Balfour avait publié en 1917 une déclaration où il officialisait son soutien à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, marquant par là la non-exclusivité entre territoire juif et territoire de culture arabo-musulmane. Mais la coexistence entre juifs et arabes au sein d’un même territoire mandataire est une gageure car à partir de  1925, des révoltes arabes sont destinées à mettre fin au mandat britannique et à une politique considérée comme pro-juive.

Sous l’impulsion du mufti Amin Al-Husseini en 1935, éclatent les révoltes arabes entre 1936 et 1939. Pour maîtriser cette rébellion, les Britanniques sont aidés par des troupes paramilitaires sionistes ce qui crée une fracture patente entre arabes et juifs. Même si les Britanniques vont tout faire pour éviter le basculement des arabes vers l’alliance avec l’Allemagne nazie, le grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini affirme lors de sa visite à Adolf Hitler le 28 novembre 1941, que les Juifs sont les ennemis communs de l’Islam et de l’Allemagne nazie. Fort heureusement, la majeure partie des arabes et des palestiniens ne suivront pas le grand Mufti de Jérusalem dans cette alliance objective avec l’Allemagne nazie. Antisioniste et antisémite, le grand mufti de Jérusalem est le parangon de l’islamo-gauchisme actuel qui considère illégal et illégitime la territorialisation d’Israël. Cette approche s’est accentuée lors de la création de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948.

La revendication d’un Etat palestinien a depuis lors joué sur une ambiguïté forte entretenue d’ailleurs par les deux parties : l’existence d’un Etat palestinien se substituant purement et simplement à Israël ou un Etat palestinien coexistant avec l’Etat hébreu. Les accords d’Oslo du 13 septembre 1993 ont abouti à la finalisation d’une Autorité nationale palestinienne  aux pouvoirs certes limités mais bénéficiant d’un Etat, d’un peuple et d’un territoire. Lors des accords Gaza-Jéricho du 4 mai 1994, on a beaucoup glosé sur le problème de la cohérence territoriale et du non-respect du principe de continuité territoriale empêchant ainsi la constitution véritable d’une entité autonome et spécifique. Il est vrai qu’un Etat scindé en deux parties discontinues avec la région gazaouite tenue par le Hamas à la frontière de l’Egypte et la Cisjordanie morcelée en cités et sous la menace des implantations de colonies juives a peu de chance de réaliser son unité et sa souveraineté. La constitution d’un Etat palestinien est-elle une nécessité ? Existe-il une identité palestinienne ou une identité non-juive soluble dans les pays limitrophes comme la Jordanie, la Syrie, le Liban et l’Egypte ? Le palestinisme larmoyant des médias français a mis en scène  la souffrance d’un peuple opprimé, damné de la terre, porté par un héros itinérant, père bienveillant et sympathique d’un peuple sans terre, Yasser Arafat dont ils oubliaient complaisamment le passé terroriste.  La diplomatie pro-arabe du quai d’Orsay a laissé s’installer en France l’idée d’une usurpation de l’identité palestinienne, historique et naturelle, par un Etat d’Israël artificiel, jeune et contingent.

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