Chroniques

Sur l’allocution de Yassine Belattar lors du rassemblement contre l’islamophobie, le 27/10/2019. Instructif…

C707B899-02D1-46CD-9334-C6A4870045B5-1024x573Le 27 octobre 2019 a eu lieu le rassemblement contre l’islamophobie. Lors de ce rassemblement, Yassine Belattar décidément très en verve a tenu des paroles fort intéressantes et qui illustrent parfaitement le rapport de forces qui existe entre l’Islam et l’Occident.

Il dit clairement qu’il n’est « pas dans un projet d’assimilation » mais de « banalisation » opposant d’ailleurs dans la première partie de son intervention « La France » et « nous », montrant bien ainsi le rapport initial d’extériorité. Nous savons qu’à l’assimilation (« A Rome fais comme les romains ») s’est substitué un projet d’intégration consistant à accueillir les personnes de coutumes différentes, de religion différente sans qu’ils n’en changent.  Cette transformation est incontestablement de notre fait. C’est la conséquence du regroupement familial formulé par décret du 29 avril 1976 puis consacré par la décision du Conseil d’État, du 8 décembre 1978 dit arrêt GISTI. Depuis l’immigration a augmenté en volume (« le nombre, le nombre, le nombre » citait E. Zemmour lors d’une émission sur CNews) et s’est inégalement répartie sur le territoire créant un effet de communautarisation et conduisant à ce que Jérôme Fourquet appelle l’Archipel français.

La Stratégie de l’Action Islamique Culturelle à l’extérieur du Monde islamique adoptée par la 9ème Conférence islamique à Doha en 2000 est explicite sur ce point :

Nous croyons que le rétablissement des liens avec la culture islamique originelle, sur les plans de l’instruction, de la compréhension et de la pratique, loin de constituer un obstacle, est plutôt un acte naturel et légitime. Bien plus, il est, en soi, un moyen de prémunition, de protection contre les déchirements internes, contre les tentatives d’assimilation et de fusion. (chapitre V, partie 3 « Rôle de la culture islamique dans l’édification de l’identité »)

Le document établit une concurrence identitaire entre l’appartenance à la nation française et à la nation de l’Oumma. Yassine Belattar dans son allocution appelle à une « banalisation », c’est-à-dire à un processus d’accoutumance pour le peuple français indigène à l’implantation progressive de mœurs, de religions exogènes. Cette accoutumance est présentée comme une injonction « : « La France doit s’habituer ». La question qui brûle les lèvres à ce moment de l’exposé est la suivante : qui formule cette injonction ? Autrement dit, au nom de quoi la France doit-elle apprendre à renoncer à son identité fondatrice qui est gréco-romaine et chrétienne et en aucun cas musulmane.

Il conviendrait de rappeler à Yassine Belattar que les musulmans sont tolérés sur le sol français, rien de moins, rien de plus d’où d’ailleurs la tolérance – valeur que personne n’aurait j’imagine l’idée de contester… –  du peuple français à l’égard d’individus qui en venant font théoriquement  allégeance au substrat philosophique, culturel, voire religieux de leur terre d’accueil.

Yassine Belattar invoque ensuite des degrés de francité, chose qu’il reproche paradoxalement d’ailleurs à ses adversaires « fascistoïdes » : « Je suis Français plus que beaucoup de gens ». La raison de ce haut degré de francité repose sur une sorte de lignage du mérite au prix de distorsion avec l’histoire qui nous ramène à la guerre des histoires consécutive à la décolonisation. Yassine Belattar fait œuvre de ce que j’appellerais le roman international contre le « roman national ». La France n’a pas été faite que par des Français de souche, ce qui est vrai, mais elle a été faite selon lui par tout sauf des Français, et c’est là que le bât blesse.  Si l’on peut accepter, « Mon grand-père a défendu ce pays», «  mon père l’a bâti »  est risible. Je rappellerai à Yassine Belattar que, si l’école œuvre pour enseigner l’oubli aux jeunes Français, la France n’en a pas moins été bâtie par ces minuscules monarques, empereurs ou chefs d’État que sont entre autres, Clovis, Charlemagne, Hugues Capet,  Louis VI, Philippe II Auguste, Saint Louis, Philippe IV, François Ier, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Napoléon Ier, Napoléon III, Charles de Gaulle… Le plus intéressant vient après : « et moi je le revendique ». On voit bien là la transition culturelle, le passage d’une France de devoir à une France de droit, de « droit à » avec l’individualisme (« et moi je ») et le terme très militant voire militaire, et juridique : « je le revendique ». Cela rappelle la phrase rapportée par SUETONE dans la Vie des douze César : « Je te tiens Afrique – Teneo te inquit Africa» sauf qu’ici bien sûr c’est en sens inverse…

Yassine Belattar conclut par une menace à peine voilée « ils (les « fachos ») ne se rendent pas compte de ce que nous avons préparé », « je parle de nos enfants ». Il formule presque expressément mais sans bien sûr l’expliciter le phénomène du Grand remplacement qu’il retourne à son avantage. « La démographie c’est le destin ». Yassine Balattar, lui, ne l’ignore pas et c’est en toute tranquillité qu’il nous promet une substitution de population dans une sorte de saint-simonisme remplaciste « des médecins et des ingénieurs qui arrivent » : bref, une nouvelle élite .

Il ne faudrait pas oublier enfin l’apostrophe à la gauche. C’est un passage très intéressant et très instructif. « Je suis désolé pour les gens de gauche qui pensaient qu’on travaillait pour vous. C’est fini (…) C’est vous qui allez nous écouter dorénavant ».On admirera la rhétorique de la rupture, une rhétorique presque révolutionnaire. Il reconnaît une sorte d’alliance objective qui a manifestement fait son temps selon lui. Yassine Belattar est lucide sur ce point. Avec un cynisme inégalé, Le Monde, Libé, Terra Nova, Le Monde diplo et toute la clique immigrationniste ont électoralement misé sur le remplacement de population pour fidéliser cet électorat nouveau et croissant. Yassine Belattar les répudie littéralement, leur administrant par la même une douloureuse leçon. La collaboration avec l’ennemi finit toujours par se payer. Le geste de Yassine Belattar est lucide mais ingrat. L’extrême-gauche et l’extrême-droite sont mis dans le même sac pour leur critique des musulmans. Cela doit être mal vécu par certains…

Il termine par « ce n’est pas un combat » et ajoute « malheureusement ». Là sa lucidité s’est évaporée, où plutôt les mots ont dépassé sa pensée…

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