Chroniques

Le séparatisme, voilà l’ennemi !

UnknownLe Président de la « République… française » – comme il l’a dit lui-même dans un temps d’hésitation lourd de signification – s’est exprimé à Mulhouse sur le programme envisagé contre le séparatisme religieux.

Sans parler bien sûr des textes de Renaud Camus sur le Grand remplacement, un phénomène qui crève les yeux de ceux qui les entrouvrent, la littérature actuelle sur le sujet exerce une évidente pression sur les pouvoirs publics. Les publications de l’Archipel français de Jérôme Fourquet, celle du Projet d’Alexandre del Valle, celle encore des Territoires conquis de l’islamisme de Bernard Rougier, peu suspect d’accointance avec la « fachosphère », sont venues rappeler que la France était soumise à un processus de défrancisation progressive de certains de ses territoires sous l’impulsion d’un islamisme conquérant, visible et assumé.

Impossible de maquiller désormais cette tragique réalité par le voile du « vivre ensemble », par des formules éculées (« chance pour la France », « ils cassent pour exister ») au service d’un progressisme naïf ou cynique.

Alors Emmanuel Macron s’y est collé et a trouvé la formule. Le « séparatisme », voilà l’ennemi. Le Président de la République observe une sécession de l’Islam politique mais il donne une définition universaliste de l’identité qui ne permet pas de répondre à cette attitude sécessionniste. Pour lui, il y a une identité républicaine, fondée sur notre appartenance contractuelle, juridico-administrative à la République. Pour les immigrés de première, deuxième, troisième ou même quatrième génération, une identité « personnelle », faite de coutumes, d’appartenance religieuse se surajoute pour ainsi dire à la première. Faisant ainsi le deuil définitif de l’assimilationnisme et légitimant une francité de papier et de carton, Emmanuel Macron demande, non pas le renoncement à cette identité de racine qui fait, selon lui, la richesse de la République mais simplement une discrétion dans sa manifestation. Il demande en définitive un cadrage institutionnel de ses manifestations comme le montre le plan de structuration d’un Islam de France, vieille rengaine sarkozyste et souhait le plus cher il y a quelques années de salafistes comme Fabien Clain…

Or, cette conception est totalement étrangère à l’Islam, Tabligh, salafiste, frériste ou « soufi ». Le musulman appartient à l’Oumma et obéit – c’est son devoir – à l’orthopraxie, au corpus juridique issu du Coran, des Hadiths, des 10 Annulatifs de l’Islam. Il obéit au principe du Tawhid (unicité de Dieu) qui est étranger à la distinction entre une cité terrestre et une cité de Dieu. Faut-il rappeler que Mohammed Ad Al Wahhab n’est pas Saint-Augustin ?…Voulant ignorer ces principes de l’Islam, le Président de la République se berce de mots : la solubilité de l’Islam dans la République est une illusion. Le séparatisme est le destin de l’Islam dans la République. Si le Président de la République met l’Islam en face de la République, l’Islam l’investira et finira par la détruire par une stratégie des petits pas excellemment étudiée dans Le Projet d’Alexandre del Valle. Certes, il veut réduire les financement extérieurs notamment qataris, saoudiens ou turcs mais, dans une ironie tragique, le Centre An-Nour à Mulhouse précisément, a été lourdement financé par le Qatar et s’inscrit pleinement dans la stratégie frériste de positionnement de l’Islam en France et en Alsace en particulier. Si le Président de la République met l’Islam en face de la France, c’est l’huile et l’eau : il faut trancher. Mais cela, il n’a pas eu le courage de le faire.

Au contraire, il a été peu question de France mais beaucoup de République. Le mot a sonné comme dans une homélie ou une lecture coranique. Il a voulu englober le sacré de l’islam dans un sacré supposément plus grand que lui : la sacralité républicaine, universelle, unificatrice, réparatrice de toute sécession. La République, c’est Oumma plus Oumma que l’Oumma… Le ton presque litanique de la fin de son intervention a évoqué la fraternité autoritaire nécessaire, celle de la fraternité républicaine sans père, dont le vide spirituel appelle une emphase verbale d’autant plus ampoulée qu’elle est vide de sens.

Emmanuel Macron sait, voit, j’en suis persuadé, mais il a été choisi puis élu pour « Il n’y a pas de culture française ». Le remplacement de la France par la République est la voie d’entrée parfaite pour un Islam conquérant sûr de pouvoir remplir le « vide sidéral » que les Français ne parviennent plus à combler…

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