Affaires extérieures, Chroniques

La Sublime Porte, ouverte…

migrants-frontiere-syrie-grece-6dcf2a-1@1xLe conflit syrien abat les cartes de chacun des protagonistes en particulier celles de Reccep Tayyip Erdogan. Le chef de l’État, animé par l’idée de construire un néo-califat au Moyen-Orient, point de départ de la reconstitution politique de la Oumma, a affirmé le 28 février : « Qu’avons-nous fait hier ? Nous avons ouvert les portes. Nous n’allons pas fermer les portes » ? Auparavant, R. T. Erdogan avait demandé à l’Union européenne un soutien à l’opération militaire en Syrie qu’elle estime ne pas avoir obtenu. Le 27 février, la Turquie a tragiquement perdu 33 soldats dans des frappes aériennes attribuées à l’armée syrienne. Le même jour, Jean-Yves Le Drian a apporté un soutien appuyé à la Turquie, parlant de « violations » de l’armée syrienne et russe, ce qui ne caractérise pas une grande prudence diplomatique. Le ministre a de surcroît remercié la Turquie du secours apporté aux réfugiés syriens. Le même jour, l’arrivée de migrants sur l’île grecque de Lesbos, a entraîné des manifestations de rejet et de violents affrontements le 28 février.

Or, Erdogan, a décidé d’ouvrir la porte. La « Sublime porte » est la porte de l’Europe. Dans le monde post-Marrakech (Pacte mondial sur les migrations sûres, ordonnées et régulières du 10 décembre 2018), tenir la porte, c’est tenir en main le destin des pays. Erdogan le sait.

Son objectif est clair : réaliser le Tamkine, évoqué dans le Projet d’Alexandre del Valle et Emmanuel Razavi, à savoir l’universalisation de l’Islam par tous les moyens disponibles : la spiritualité, l’entrisme politique, la langue, le remplacement de population, les droits de l’homme. Erdogan s’est dernièrement rapproché des Frères musulmans comme le montre en novembre 2019 sa visite au Qatar, qui est un des rares pays arabes à n’avoir pas condamné l’offensive d’Ankara en Syrie. Ces liens diplomatiques renforcent, auprès des populations musulmanes, le statut de néo-califat joué par la Turquie  qui est le point de départ, la matrice d’un expansionnisme au service du Projet.

Si le contentieux entre la Grèce et la Turquie (Traité de Sèvres en 1920, traité de coopération avec l’Allemagne nazie en 1941, crise de Chypre en 1974 notamment) s’est apaisé dans les années 90, la Turquie a bien compris le symbole d’un invasion migratoire par la Grèce, berceau de la civilisation européenne. 13 000 migrants qui convergent vers la frontière gréco-turque, l’effet cliquet que cela risque de créer : c’est la promesse d’une déstabilisation majeure dans les pays européens et les « migrants » constituent l’armée humaine de cette opération de déstabilisation.

Erdogan a beaucoup d’alliés dans cette opération : sur le terrain, les ONG financées par George Soros, la criminalité organisée dont le rôle dans ces migrations est désormais établi. Dans les pays européens, les extrêmes-centres (de l’extrême-gauche aux partis de droite), par faiblesse, par idéalisme cosmopolite ou par opportunisme, encouragent ces mouvements migratoires, pouvant s’abriter derrière le sinistre Pacte de Marrakech signé en décembre 2018.

Les migrants, pour Erdogan, ne sont plus des hommes. Ce sont des missiles envoyés vers les pays européens pour faire exploser leur intégrité culturelle, civilisationnelle, spirituelle, économique. Ils sont tour à tour « réfugiés », « migrants », « syriens », toute une phraséologie destinée à masquer la constitution d’une armée pour mettre fin à une civilisation trois fois millénaire. Ce sont à la fois des valeurs d’échange, des armes de dissuasion, des armes de destruction massive. Les habitants de l’île de Lesbos ne s’y sont pas trompés, manifestant violemment contre les forces de l’ordre. Sourds à l’ « humanisme » imposteur distillé dans tous les médias et tous les programmes éducatifs par les cosmopolites de Davos, le peuple grec a simplement défendu, par instinct de survie, la persistance de sa civilisation. Cette réaction saine est une manifestation du Demos contre Davos, ce qui n’est pas surprenant pour les Grecs, héritiers des présocratiques, de Platon, d’Aristote, d’une civilisation sublime.

C’est un art de la guerre nouveau qui est déployé par Erdogan un peu à la manière de Sun Tzu (VIème siècle avant J.-C.) : il faut connaître les faiblesses de l’adversaire (les droits de l’homme, l’Etat de droit, le cosmopolitisme, la déchristianisation) pour s’appuyer dessus et le faire ployer sans effusion de sang. La guerre démographique, l’opération d’infiltration par les médias, les universités, l’éducation relève de cette stratégie de destruction.

Cet évènement est majeur. Il nous oblige à repenser nos relations diplomatiques avec la Turquie qu’il s’agirait de muscler, notre appartenance à l’OTAN avec la Turquie alors que cette affaire manifeste que nos intérêts stratégiques sont radicalement opposés. Nous devons relire avec clairvoyance le désir manifesté par la Turquie d’entrer dans l’Union européenne, véritable cheval de Troie de l’islamisation. Aujourd’hui, la Turquie n’évoque plus son entrée dans l’UE. Le jeu est plus direct. La Turquie n’a même plus besoin de cela. Elle joue une stratégie d’agression caractérisée par le remplacement des populations, stratégie tout aussi efficace.

Nous ne pouvons plus baisser les yeux. C’est la survie de l’Occident qui est en jeu !

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