Chroniques

L’hystérique suicide de l’Occident : un 1789 contre le privilège blanc en préparation ?

768x492_policiers-mettent-genoux-devant-manifestants-lundi-1er-juin-2020-atlanta-lors-quatrieme-journee-protestations-contre-mort-george-floyd-minneapolisQue l’Occident ait décidé de se suicider, c’est un fait acquis. Le remplacement du peuple se faisait jusqu’à présent à petit feu, à fleurets mouchetés, insensiblement si l’on peut dire. La semaine que nous venons de passer a donné à ce suicide un caractère hystérique et expiatoire qui n’a pas manqué de nous surprendre.

D’abord les faits. L’interpellation de George Floyd à Minneapolis le 25 mai 2020 a entraîné la mort suite à une pression prolongé sur le cou par un policier Derek Chauvin. Les associations ou des mouvements comme Black lives matter sentent l’affaire juteuse et orchestrent une campagne de communication outrancière sur les réseaux sociaux alors que des émeutes éclatent un peu partout dans le pays. Les associations anti-racistes, décoloniales, l’extrême-gauche française, et naturellement les mouvements islamistes ne sont pas en reste puisque tout ce beau monde nous ressort le 29 mai une affaire d’il y a 4 ans – l’affaire Adama Traoré – pour organiser un rassemblement contre le « racisme » et les « violences policières », le deux étant bien sûr intimement liés… Assa Traoré, la sœur d’Adama déclare sans ambages : « Toutes les personnes qui sont là aujourd’hui, vous êtes entrées dans l’histoire. Vous pourrez dire que vous avez participé à un renversement (…). Ce n’est que le début. » Jean-Luc Mélenchon, qui avait assimilé les émeutes américaines à une « révolution citoyenne » admire les images « impressionnantes de calme et de détermination tranquille ». Ces émeutes ont été accompagnées de leur chant militaire, poing levé, par la voix de Camelia Jordana : « Revolution has come ! Time to pick up the gun ! (La révolution est venue. Il est temps de prendre les armes) ». Aux armes citoyens !…

La rhétorique révolutionnaire utilisée par les protagonistes ne laisse de surprendre. Le « Noir », le « racisé » est le nouveau Tiers-Etat qui se donne pour mission d’ « abolir les privilèges des blancs », aristocrate fantasmagorique dans une rhétorique qui fait fleurir les Robespierre de salon, de LFI au parti de Gauche. Les droits-de-l’homme sont leur constitution nouvelle et l’objectif est de faire émerger un citoyen nouveau, défait des ancrages historiques et géographiques, le citoyen international, mixé, métissé sous l’œil bienveillant et le porte-monnaie dispendieux de Soros. Ironie tragique, les droits-de-l’homme sont ici utilisés contre la civilisation qui les a engendrés. L’imaginaire révolutionnaire est très habile car il prend au piège toute la classe politique qui a totalement  intériorisé son logiciel. Tous sont enfermés dans cette matrice de violence et de mots interdits – un seul de travers vous envoyait à la guillotine … Comment dès lors reprocher à ceux qui veulent vous faire disparaître d’utiliser les mots, les gestes, les symboles, les chansons (« Ah ça ira ça ira ça ira » arbore même le T-shirt d’un homme aux côtés d’Eric Coquerel !) de votre propre univers intellectuel et politique. L’imaginaire révolutionnaire est un tonneau des Danaïdes et son utilisation n’est pas innocente. Comme dans Macbeth, le sang engendre le sang dans une logique de circularité tragique dont le « blanc » est le Tragos. Cette barbarie originelle de l’esprit révolutionnaire (septembre 92, le sac des tombeaux de Saint-Denis, la Terreur) s’est transmuée en ordre nouveau qui lui-même doit se transmuer en désordre matriciel pour faire émerger un nouvel ordre nouveau. Telle est la tautologie révolutionnaire que nous sentons poindre dans cette manifestation qui relève d’une pure et simple démonstration de force.

La manœuvre est patente. Les intentions clairement affichées. Le remplacisme global et ses mécanismes délétères nous sautent aux yeux. Que faisons-nous ? Le maire de Minneapolis écrase de grosses larmes, genou à terre devant le cercueil de George Floyd dans le plus pur style trudesque. Des policiers en Suède adoptent la même gestuelle de vassalisation et de soumission, un symbole qui n’échappera pas – assurément – aux yeux avisés des promoteurs du black power et de l’Oumma. Une scène absolument sidérante rapportée par FdeSouche montre des milliers d’Américains blancs faire repentance de leur privilège blanc dans une sorte de cérémonie primale et expiatoire. Dans une savoureuse inversion des signes, le fait d’être blanc est devenu une faute, un péché originel à expier, dans un prisme idéologique parfaitement raciste pour le coup.

Cette internationale de la repentance est extrêmement inquiétante. Elle montre l’alliance objective entre une civilisation occidentale qui s’automutile dans une sorte de fatigue désespérante d’elle-même et un peuple anciennement colonisé qui souhaite faire une contre-colonisation, un 1789 de l’altérité. Dans notre altérocratIe républicaine, l’Autre est ce Tiers-Etat mythifié, héroïsé, régénérateur d’une civilisation qui se dit, se croit condamnée à disparaître, ayant intériorisé sa décadence et préparant sa succession en même temps que son linceul…

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