Chroniques

En pensant à Jean Raspail

EaZJ3_tXgAM5w_QQuelle journée ! Je préfère vous le dire tout de suite. Ne vous inquiétez pas pour Jean RASPAIL. Pour un catholique, le jour de la mort est d’une certaine manière le plus grand jour de la vie. Comme l’a joliment dit l’Abbé Gaëtan de Bodard : « Maintenant il sait ». Les inconsolables, c’est nous.

Jean RASPAIL  est né en 1925. Il a connu la France rurale, la France des patois, des odeurs de l’âtre, la France militaire. Il a traversé le XXème siècle, le chaos de ses illusions, ce nomadisme universel de la mondialisation qui a fini par tout emporter : les traditions, l’incarnation, la terre.

Jean RASPAIL était une ancre. Antiremplaciste et royaliste.

Auteur du Camp des Saints, il avait prophétisé pour 2050 l’invasion migratoire que nous connaissons déjà aujourd’hui. Il avait senti le mouvement brownien et anarchique du remplacisme global qui déplace les hommes désaffiliés, mutilés de leur terre, de leur histoire, comme des pions. Lui, l’aventurier, connaissait, la fascination du nomadisme, de l’exil,  mais il en connaissait encore davantage ses pièges. On ne peut bouger que si l’on est intérieurement ancré. Là est la vertu du voyage, du mouvement. Partir mais pour revenir, en connaissant quelle est votre patrie, comme Ulysse ou Du Bellay. Les départs sans retour lui étaient suspects. On le voit aujourd’hui. Ceux qui partent veulent importer leurs mœurs, leur religion, leur langue. Ils n’ont pas renoncé à leur culture. Ils veulent la greffer, parasiter l’Occident, importer l’Afrique dans la grisaille, qui lui va pourtant si mal.

Jean RASPAIL était royaliste. Autant vous dire qu’il n’avait pas digéré le sinistre 21 janvier 1793. Deux cents ans plus tard, en organisant la commémoration du régicide, il fait pourtant  l’épreuve de ce terrible effacement de l’histoire, de cette amnésie collective qui lui fait porter ce terrible diagnostic : « Le roi n’est plus un personnage de l’imaginaire français ». Pour Jean RASPAIL, la monarchie n’était pas seulement une fonction politique. Elle portait en elle une dimension cosmique. On n’est pas roi des Français comme avant Louis VI le Gros ou comme sous Louis Philippe Ier…  Le « vrai roi se veut roi des champs et des forêts, des lacs et des montagnes, des moutons et des sangliers, des biches et des truites ». Le roi est partout chez lui. Le roi est une Incarnation, il est l’irremplaçable par excellence.

Jean RASPAIL était en dialogue permanent avec les Princes qui pourraient avoir en charge le destin de la France. Déterminé et, il faut le dire, un peu désespéré, il les exhortait à plusieurs choses : à ne pas accepter de vivre en France sans Couronne, à s’exiler si nécessaire, à ne pas travailler, à ne pas être des rois de week-end pour amuser la galerie et les magazines people Il leur interdisait la médiocrité, la satisfaction de soi. Il les exhortait à l’intranquillité, au poids de la charge de l’Etat, au mal nécessaire de l’incarnation politique. Le Roi est mort, vive le Roi  est une véritable institution du prince. Elle commence par le sac des tombeaux de Saint-Denis, épisode matriciel de la Révolution française. On éventrait les corps des rois défunts comme on déboulonne aujourd’hui les statues.

Jean RASPAIL c’était l’alliance du royalisme et de l’antiremplacisme, deux faces d’une même pièce. La fierté wisigothique, l’esprit chevaleresque, le profond ancrage dans le christianisme de l’auteur resteront un modèle pour nous.

Dans ce jour improbable, son esprit a plané, dans une ironie qui avait tout d’une grâce divine. Le samedi 13 juin, la « Génération Adama » se rassemblait place de la République contre le « racisme » et les « violences policières » dans une manifestation théoriquement interdite. La partition remplaciste se déroulait merveilleusement jusqu’à ce que douze jeunes de Génération identitaire déploient une banderole sur le toit d’un appartement de Paris contre le racisme anti-blanc. Ces jeunes ont fièrement montré leur résistance au roman international intimé par les médias, les politiques, les associations et tout le système Davos-france. En haut, Génération identitaire, l’esprit de Jean RASPAIL, le Camp des Saints, qui clamaient le droit élémentaire à la continuité historique. En bas, Génération Adama, le « camp du bien », qui aux cris de « Sales juifs » donnaient comme le dit Renaud CAMUS une « seconde carrière à Adolf Hitler ». Tout cela, en surplomb de la Place de la République, où se déroulait ce chaos indicible. Jean RASPAIL a dû bien se marrer avant d’attaquer les choses sérieuses…

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