Chroniques

La vaccination contre le Covid-19, le Great Reset au corps. Quelques réflexions sur la stratégie vaccinale.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré le 23 juin vouloir élargir la couverture vaccinale des soignants en particulier dans les EHPAD. Regrettant le manque de zèle des soignants concernant la politique vaccinale, afin de contenir une possible 4ème vague en octobre ou en novembre, il envisage de rendre, dès septembre, la vaccination obligatoire pour ces derniers. Du moins en a-t-il ouvert la possibilité, l’occasion pour moi d’analyser la portée de cette obligation vaccinale et ce qu’elle exprime, anthropologiquement, politiquement et symboliquement.

Quel est le cadre juridique de l’obligation vaccinale ? L’obligation vaccinale est une disposition contenue dans le Code de la Santé Publique (IIIème partie « Lutte contre les maladies et dépendances », Titre premier « Lutte contre les épidémies et certaines maladies transmissibles », chapitre Ier « Vaccinations ». L’article L. 3111-1 énonce les modalités de l’obligation vaccinale et ses conditions de suspension par décret. L’article 3111-2 énumère exhaustivement les 11 vaccins obligatoires et les conditions de dérogations au droit commun. L’article 3111-4 auquel Olivier Véran se rattache sans le citer dispose : « Une personne qui, dans un établissement ou un organisme public ou privé de prévention de soins ou hébergeant des personnes âgées, exerce une activité professionnelle l’exposant ou exposant les personnes dont elle est chargée à des risques de contamination doit être immunisée contre l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos, la polyomélite et la grippe », le dernier vaccin ne faisant pas partie des vaccinations obligatoires citées dans l’article 3111-2. En vertu du parallélisme des formes, la loi n°2017-220 du 23 février 2017, art 4 qui a pris ces dispositions pourrait être complétée par une modification législative, le « Covid-19 » s’ajoutant à la liste et le tour serait joué pourrait-on dire. Sans que les conditions législatives ne soient encore réunies, le gouvernement a tous les instruments juridiques et politiques entre ses mains pour rendre obligatoire cette vaccination pour des catégories socio-professionnelles déterminées ou pour la population dans son intégralité.  

Car le mot est lâché. « Obligatoire ». La boîte de Pandore est ouverte.

Jusqu’à présent, la vaccination contre le Covid-19 était essentiellement mentionnée dans une sorte de contrat social sanitaire : à travers le Pass sanitaire ou le « certificat vert européen » mis en place en juillet 2021, on accepte la vaccination pour ne pas voir réduire notre mobilité. Il s’agit d’une sorte d’octroi postmoderne, pour augmenter l’accessibilité au monde, soudain réduite par les contraires sanitaires et une mobilité sous conditions. Ce contrat social ou plutôt ce chantage politique a entraîné naturellement une adhésion à la campagne de vaccination au prix d’un paradoxe savoureux : pour rester libre de vos mouvements, acceptez les chaînes de la numérisation et de la vaccination. 

Ce contrat social est aussi un contrat moral. La vaccination est investie d’une dimension citoyenne d’où l’extraordinaire pression sociale exercée généralement par l’entourage, familial, amical, professionnel ou par des professionnels de santé qui mettent leur expertise au service du principe de précaution abusivement convoqué. La vaccination est une sorte de chaîne humaine collective. Le vacciné est le soldat loyal de la « guerre contre le virus » lancée théâtralement par Emmanuel Macron en mars 2020. Cette sémantique militaire fait du réfractaire à la vaccination un mutin, un déserteur, un traître à la nouvelle patrie sanitaire. Chantage, là encore mais plus grave : pression psychologique, pression morale par une politique sanitaire qui est de moins en moins sanitaire et de plus en plus politique et qui a poussé à son paroxysme l’instinct grégaire d’une population fracturée, en mal d’unité. Les conséquences en termes politiques sont d’ailleurs désastreuses car cela créera, d’ores-et-déjà, une double citoyenneté : le vacciné, ayant à sa disposition tous les lieux, tous les services, tous les loisirs, toutes les personnes et le non-vacciné, en résidence surveillée, interdit de certains lieux. Le monde se divise désormais en lieu hygiéniquement pur, entre vaccinés, les happy few de la postmodernité sanitaire, les gens de bonne compagnie, et les lieux du miasme, de la corruption sanitaire, où le virus potentiellement circulerait. Dystopie ? Rien n’est moins sûr.

Eric Verhaeghe dans le Courrier des Stratèges, montre très justement que la numérisation du Great Reset opère comme une mystique. Il en va exactement de même du vaccin, entouré d’une aura quasi-religieuse. La vaccination a pour fonction symbolique de procéder, comme sous la Révolution française, à une régénération de l’homme. L’on touche ici au cœur de la « fenêtre d’opportunité » expliquée par Klaus Schwab dans le Great Reset. La « couverture » vaccinale est investie d’une mission de protection dans une sorte de providentialisme sanitaire dont l’OMS, les laboratoires pharmaceutiques seraient les grands architectes. Le Forum de Davos a appelé le 26 janvier 2021 à lutter contre « le nationalisme vaccinal », à assurer à tous une « équité vaccinale » dans une savante substitution des problématiques politiques et morales aux problématiques sanitaires. Le Rapport d’information publié par le Sénat le 3 juin 2021 (Crises sanitaires et outils numériques : répondre avec efficacité pour retrouver nos libertés) lie la question sanitaire à la question numérique et construit un système de surveillance et de traçabilité médicale et vaccinale, à travers des fichiers comme VAC-SI (Partie II, I, A,1) dont le Crisis Data Hub (IIIème partie) est la plateforme emblématique, une sorte de Dieu numérique omniscient. Par la vaccination et la numérisation, l’homme entre dans l’ère de l’immunité et de la transparence intégrale. Cette nouvelle biohumanité numérique régénère à la fois l’homme et le monde ancien dans une invincibilité prométhéenne et une rationalité scientiste, totalement illusoires. Mieux. De fait, Davos entraîne le monde dans un schéma tragique : le non-vacciné, le survivant de l’ancien monde, est le miasme qu’il faut chasser de la cité, non en l’expulsant – encore que…- mais en le vaccinant. Cette vaccination fonctionne comme une conversion à une religion sans Dieu, une sorte de mystique positiviste sous l’égide des technocrates de la médecine. 

De surcroît, la vaccination, si elle devenait obligatoire, serait une manière de déposséder l’homme de son propre corps, dans la lignée du Great Reset et du Great Reload, le communisme postmoderne que la 4èmerévolution industrielle tend à implanter. Le processus est, à mon sens, déjà bien engagé. La vaccination est un instrument pour obtenir autre chose que l’immunité ou la santé. Elle est clairement dévoyée de sa finalité première pour s’orienter vers des finalités secondes, la mobilité, la tranquillité sociale, la bonne conscience morale dont le corps devient l’instrument et le vaccin le moyen. 

Car le problème est bien là. La vaccination relève, comme le dit le Professeur Raoult,  depuis un an et demi maintenant, d’une idéologie sanitaire sans médecine, sans recherche, sans malades, sans traitement. Loin d’être un opposant à la vaccination, le Professeur Raoult conteste l’utilisation générale et indistincte de la vaccination contre le Covid-19 à l’ensemble de la population. Dans son approche préventive, la stratégie vaccinale pour demain n’est plus vraiment médicale car elle oublie les malades d’aujourd’hui comme le montre la polémique – durable et délirante, il faut le dire – sur l’inefficacité voire la toxicité ( !)  de l’hydroxychloroquine ou de l’ivermectine. S’il faut demeurer prudent avec les chiffres, l’efficacité du vaccin salvator laisse très sérieusement à désirer : la mention d’une troisième dose nécessaire donne l’impression d’une navigation à vue dans la stratégie vaccinale et dans la connaissance du vaccin que l’on souhaite administrer à la terre entière. Les effets secondaires, mal connus et parfois désastreux, se multiplient. Au Royaume-Uni, dont on a depuis janvier 2021 vanté la grande couverture vaccinale, les cas de Covid-19 ont augmenté dernièrement de 40% en 24 heures en raison du développement du variant indien dit « Delta » et maintenant du « Delta+ ». En Israël, le port du masque supprimé il y a 15 jours redevient obligatoire pour endiguer l’augmentation importante des cas de Covid-19 en dépit d’une vaccination présentée comme un modèle à suivre. Florian Philippot, fin observateur de la politique vaccinale et omniprésent sur la dénonciation de la dictature sanitaire, pourfend ceux qui continuent à dire : « le vaccin c’est la liberté » ou « Ne réfléchissez pas, vaccinez-vous ! »… On commence du reste à entendre une petite musique sur les regrets de certains quant à leur première injection. 

Le découplage vaccination et préoccupation sanitaire est un signe inquiétant. Il montre que la stratégie vaccinale obéit à des objectifs non sanitaires mais politiques et anthropologiques. Ce délire collectif a suffisamment duré. Il convient dans cette affaire, cela paraît bête de le dire, de guérir les malades et de refaire très vite de la médecine… 

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