Lecture, philosophie

Postmodernité et évolutionnisme : la disparition programmée de l’homme ?

Nous avons encore du mal à mesurer les mutations profondes que nous vivons dans cette période marquée par une crise sanitaire qui n’est, à l’évidence, plus une crise sanitaire mais une crise politique et anthropologique : les libertés publiques honteusement bafouées, un grave discrédit à l’égard de la science, une exécution en règle de la médecine, une totale réorganisation des circuits décisionnels, une coordination suspecte des politiques étatiques à l’échelle mondiale, une habitude collective à vivre dans le faux, l’illusion dont la mystique vaccinale n’est qu’un des exemples, et enfin une périphérisation de la culture occidentale dont le woke et la cancel culture sont les scandaleux avatars.

Nous avons développé tous ces points dans nos récents articles mais je souhaiterais ici réfléchir à ce qui pourrait être la matrice de tous ces phénomènes, certes plurifactoriels, mais qui me semblent trouver une source scientifique et politique dans l’évolutionnisme. Je m’appuierai sur l’excellent livre que vient de publier Dominique TASSOT, L’Evolution en 100 questions qui nous présente les errances de l’évolutionnisme et ses conséquences dans le regard porté sur la nature, l’histoire et l’homme. Ingénieur des Mines, Dominique Tassot se place au croisement de la science et de la foi et recherche, dans cet ouvrage, les fondements philosophiques et anthropologiques de la théorie évolutionniste.

Les sources de l’évolutionnisme 

Tassot trouve les sources de l’évolutionnisme dans le nominalisme, même s’il ne l’exprime par ainsi dans son ouvrage. Il nous dit : « Dans cette perspective, les espèces ne sont que des catégories artificielles : seuls existent les individus, tous en transition entre un type ancestral disparu et un type à venir encore indéterminé. Toutes les formes vivantes demeureraient ainsi provisoires, évanescentes ». La filiation avec le nominalisme de Guillaume d’Occam est ici frappante. L’espèce est un être de raison qui donne lieu, dans les sciences classiques de la nature, à une classification fallacieuse de la nature transformée ainsi en un musée alors que la nature est une force animée par des individus qui sont les seuls être en acte. 

Evoquant la « descendance avec modification » et voyant que les éleveurs de chiens ou de chevaux parvenaient à améliorer la race, Darwin (1809-1882) a procédé par analogie et a imaginé que la nature agissait de même, au prix d’une modification subtile et presque insensible du sens des mots. En effet, la nature a cessé d’être « la collection des êtres observables » pour devenir un sujet agissant.  Cette vision trouve ses sources scientifiques et philosophiques dans les Lumières : Diderot en 1754, dans Pensées sur l’Interprétation de la Nature, dresse une analogie entre la génération et la corruption d’un individu et celles des espèces. En 1800, Lamarck, dans le discours d’ouverture de son cours de zoologie, expose que le temps et les circonstances favorables sont les deux instruments que la nature emploie pour donner l’existence à toutes ses productions. Un an plus tard à peine, le pharmacien-en-chef des hôpitaux militaires, influencé par Concordet, établit que la perfectibilité inhérente au progrès permettra des « changements » à venir dans l’apparence même de l’homme. C’est Herbert Spencer qui, au milieu du XIXème siècle, va étendre cette « évolution », loi générale et nécessaire du progrès, à tous les êtres vivants. Darwin hérite de toute cette matrice lorsqu’il évoque la « sélection naturelle ». La nature, sorte de natura naturans infatigable, est dotée d’une véritable force transformatrice et orchestre des modifications de fonctions organiques permettant de passer du singe velu et doté de quatre membres à un homme glabre et muni de talons. Les espèces sont les branches instables d’un arbre universel. 

Ce transformisme, soit gradualiste et progressif soit « saltationniste » c’est-à-dire marqué par des ruptures brutales, trouve chez Cuvier une contestation scientifique d’ampleur : les momies des animaux dans l’Egypte ancienne étaient rigoureusement identiques aux animaux actuels, ce qui vient corroborer la stabilité des caractères principaux de chaque espèce alors que les caractères secondaires (couleur des yeux, taille, pilosité…), eux, peuvent varier. Si la transformation est graduelle, nous dit Tassot, comment expliquer les « chaînons manquants » que la science n’a pu établir ? L’auteur va jusqu’à poser la question provocatrice : « Darwin serait-il évolutionniste aujourd’hui ? ». La génétique établit une discontinuité des êtres vivants à rebours d’un continuum gradualiste et pose des limites très étroites pour la modification d’une génération à l’autre. Tassot répond néanmoins à sa question par l’affirmative car « l’évolutionnisme est plus une croyance qu’une science proprement dite », l’évolution étant devenue, par faux consensus scientifique, en écartant les contestataires, le cadre normatif dans lequel s’inscrit tout questionnement scientifique : « On ne se demande pas si les faits sont favorables à l’évolution ; on s’interroge seulement sur la manière dont on peut les interpréter dans le cadre évolutionniste ». C’est ce que l’on peut appeler une idéologie ou à la suite de Jean Rostand « un conte de fées pour grandes personnes » ou plus sûrement encore « le grand mythe cosmogonique du XXème siècle ». Comment expliquer autrement la coexistence sur terre d’espèces qui auraient dû se succéder dans le schéma évolutionniste ? Comment enfin expliquer les véritables montages voire les supercheries scientifiques auxquelles se sont livrés des scientifiques pour « coller » au schéma évolutionniste dont Dominique Tassot nous fait des récits assez stupéfiants, notamment dans le chapitre 5 sur les « ancêtres » de l’homme ?

Les 4 rejetons de Darwin 

Pourquoi l’évolutionnisme est-il si consubstantiel à la postmodernité ? Les manifestations protéïformes du darwinisme dans la postmodernité sont à bien y regarder assez saisissantes.

L’antispécisme 

Le phénomène de l’antispécisme qui naît dans les années 70 revendique le rejet de la notion d’espèce et rejette la hiérarchie des êtres plaçant l’homme au sommet de la Création. Cette place privilégiée de l’homme à « l’image de Dieu » n’empêche pas les théologiens comme Pascal d’affirmer sa « grandeur » mais aussi et surtout sa « misère ». L’antispécisme ignore ces nuances et en déduit un anthropocentrisme fautif et délétère qu’il convient réduire à néant au profit d’une fluidité des espèces et d’une indistinction intégrale entre l’homme et l’animal. Chantal Delsol, dans un article de 2016 dans le Figaro, s’était déjà inquiétée du phénomène en y voyant le « début d’une barbarie nouvelle ». En effet, l’indistinction des espèces nie tout « propre » à l’homme. La Mettrie, en 1748, estimait que la parole même pourrait ne pas demeurer le propre de l’homme en déduisant une éducabilité de l’animal et en ramenant symétriquement l’homme à la machine. Le traducteur de Darwin en Allemagne, Ernst Haeckel (1894-1919) décrit le Pithécanthropus alalus comme « Singe-homme muet » avant que ne soit découvert l’Homo erectus à Trinil en Indonésie en 1894, le fameux chaînon manquant de l’évolutionnisme darwinien. Plus de distinction d’espèce entre l’homme et le singe mais plutôt mutation lente, graduelle et surtout plus de distinction d’essence entre l’homme et l’animal mais un nuancier entre le singe et l’homme blanc qui laissera libre cours à toutes les théories racistes. 

L’espèce est en évolution continue. Elle vient d’ailleurs et surtout elle va ailleurs. C’est le propre de la postmodernité que de définir cet homme d’après, la projection sur le « monde d’après », la « France d’après » étant une formule rhétorique particulièrement goûtée par nos contemporains. Trois phénomènes me semblent exprimer tragiquement cette projection vers la post-humanité consécutive à l’évolutionnisme militant.

Le Progressisme ou l’évolutionnisme politisé

La théorie du genre est fondée sur une fluidité de l’appartenance sexuelle qui n’est plus fondée en nature mais se formule au terme d’un processus de choix. L’appartenance sexuelle n’est plus un donné mais elle est un acquis émergeant de la volonté. Ce schéma idéel se heurte naturellement au sexe biologique qui est donné à la naissance, l’identité de genre, et qui, selon la théorie du genre, est pour ainsi dire extérieur à l’humanité puisqu’il n’a pas fait l’objet d’un jugement, d’une validation par la conscience. Se défaire du « stéréotype de genre » comme le promeut scandaleusement l’Education Nationale est un premier travail de destruction de l’appartenance naturelle pour ouvrir l’homme à son éventuelle transformation, exprimée dans les médias wokistes comme une aventure épique et une découverte de soi. Le moi naturel cache le moi réel, le subvertit et les expériences de transformation sexuelle sont un phénomène prégnant notamment aux Etats-Unis, ces dernières années, particulièrement chez les enfants, ce qui a donné lieu à des messes télévisuelles aussi grotesques que diaboliques. L’idéologie LGBTQI+ opère une nouvelle classification anthropologique et sexuelle qui ferait pâlir d’envie Linné, dans un jargon grimant la science à grands renforts d’anglicismes ronflant et trébuchant : lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, queer, intersexué, asexuel, pansexuel, agenre, les autres n’étant que les hommes de base, les esclaves de la nature, les non-éveillés, les cisgenres… Cette classification, foncièrement farcesque, ne doit pas faire oublier le saut anthropologique réalisé par la théorie du genre. L’homme est le produit de lui-même, il est à lui-même son propre artefact. Son appartenance sexuelle est fluide et il doit la construire, trouvant son modèle idéalisé dans l’homme hybride, « transformé » dans une sorte de parodie d’existentialisme biologique. Sans le vouloir, ce sont les rejetons du darwinisme, la transformation correspondant à l’optimisme progressiste qui en est la traduction politique et sociétale. L’évolution est une sortie de la nature humaine, dépassée, pour réaliser pleinement l’homme, un corps malléable doté d’une volonté souveraine voire tyrannique.

La sélection du plus apte et l’élimination de l’inutile

Si comme le dit Haeckel en 1874, « l’ontogenèse récapitule la phylogenèse », cela implique que chaque être vivant, lors de son état embryonnaire, retrace toutes les étapes qu’aurait dû franchir sa lignée évolutive ou son « phylum ». Tassot nous rappelle que selon Haeckel, « on verrait apparaître chez le petit homme des arcs en forme de branchies, vestiges de l’époque « poisson », une queue évoquant le stade reptilien, puis le coeur caractéristique des mammifères ». Ainsi l’avortement précoce n’a plus le statut moral et juridique de meurtre puisque, si l’être humain est en puissance dans l’embryogenèse, il n’a qu’un statut de simple vertébré. Tassot ajoute dans une formule bien frappée : « On ne pouvait rêver meilleure dédramatisation du crime satanique ». En effet, l’évolutionnisme fait de l’embryogenèse le moment critique du passage de l’animalité à l’humanité. Il suffit de fixer, sur la base d’élucubrations scientifiques, une limite temporelle par le droit positif – le fameux « délai d’IVG » – , toujours négociable et modifiable, et l’on se retrouve avec une humanité sur laquelle s’exerce droit de vie et de mort jusqu’au terme de son animalité supposée… C’est une transposition de la « sélection du plus apte ». Il s’agit même plutôt d’une « sélection du plus souhaitable », dépénalisée et remboursée, d’une légalisation et légitimation des caprices de la volonté du plus fort par celui qui a les moyens de l’imposer au plus faible. Le droit du plus fort reprend ses droits.

C’est cette transposition de la « sélection du plus apte » dans la sphère sociale qui a servi de justification à l’eugénisme. Francis Galton (1822-1911), cousin de Darwin, inventa « le mot et la chose » et les Etats n’ont pas tardé à appliquer ces principes au nom du progrès du genre humain : 22 Etats aux Etats-Unis dès 1931 ainsi que le Danemark et la Suisse. L’euthanasie, nous rapporte Tassot, fut en Allemagne un instrument de gestion hospitalière pendant la guerre : gagner du temps et libérer les lits d’hôpitaux…Julian Huxley, premier directeur général de l’UNESCO en 1946, eugéniste engagé et transhumaniste militant écrit dans une phrase qui résume parfaitement la fusion inextricable entre science et croyance, ou plutôt entre scientisme positivisme et illumination : « Je crois au transhumanisme »…

Le Great Reset, l’évolutionnisme prométhéen

Il s’agit en effet de remodeler l’homme, de prendre les commandes de la vieille nature pour accompagner l’évolution voire la conduire. Ce n’est même plus du progressisme mais du prométhéisme. Le Great Reset, promu par Klaus Schwab, le président du Forum de Davos dans GreatReset Covid-19, est fondé sur la 4ème révolution industrielle qui repose sur la fusion de l’identité physique, biologique et numérique. Cette ambition anthropologique part d’un constat simple : si « le cerveau humain est un ordinateur obsolète qui a besoin d’un processus plus rapide et d’une mémoire plus étendue » selon Larry Page, fondateur de Google, le transhumanisme est cette ingénierie nouvelle qui va permettre la transformation et l’amélioration de l’espèce. John C. SANFORD, dans Entropie génétique et le mystère du génome (2019) cité par Tassot, compare la nature des systèmes d’information biologique à un ordinateur perfectionné, l’ADN étant assimilable au disque dur de la cellule et les molécules d’ARN et de protéines en étant la mémoire ou la RAM. « Chacune des molécules de protéines ou d’ARN dans une cellule est elle-même un programme simple (algorithme). Les molécules d’ADN, d’ARN, de protéines et d’innombrables autres sont en communication constante les unes avec les autres – en constituant quelque chose ressemblant à un vaste réseau Internet à l’intérieur de chaque cellule ». L’analogie est saisissante aujourd’hui car la conception de vaccin à ARN messager pourrait être le point de jointure entre la programmation numérique et la « programmation » biologique. L’effet de miroir entre biologie et numérique est ici clairement mise en évidence et montre l’ambition de la 4ème révolution industrielle : établir une connexion entre la sphère numérique et la sphère biologique. Le projet de l’homme augmenté repose bien sur cette élaboration d’un homme prothétique comme l’affirme Jacques ATTALI en 2021, la prothèse physique, extérieure et matérielle laissant place à un prothèse numérique, immatérielle et pouvant non plus seulement améliorer la mécanique du corps mais l’intellect, la perception du monde par l’homme. On retrouve une application possible de la théorie de Lamarck, fondamentale dans l’approche darwiniste : « la fonction crée l’organe » et « l’usage le renforce ». Si l’organe n’est pas à proprement parler créé, il surpasse son périmètre naturel pour atteindre la toute puissance perceptive, l’intelligence augmentée par l’intelligence artificielle, repousse les limites biologiques de la mortalité. Il s’agit ainsi de construire autre chose que l’homme, la figure du cyborg, dans le cinéma ou maintenant dans les congrès scientifiques, donnant corps à ce nouveau paradigme.

Par un renversement presque ironique, l’homme, comme chez La Mettrie, redevient de nouveau le miroir de la machine mais pas dans le même sens. Chez La Mettrie, il n’était « que » machine. Dans le post-humanisme, il aspire à le devenir car la machine n’est plus réglée par l’entropie ou par la mécanique. Elle est numérique et de fait ramène l’homme à une forme de nudité devant la divinité du nouveau logos numérique. C’est ce nouvel état de fait qui explique la mutation de la médecine dont nous avons tous été les spectateurs attérés dans cette affaire du Covid-19 : l’interdiction des traitements, et de fait, le discrédit porté sur la démarche diagnostic-traitement au fondement de la pratique médicale, la promotion d’une vaccination aveugle et globale pour prévenir l’aggravation d’une « pandémie » que l’on ne traite plus, tout cela, relève d’une maintenance prédictive des corps à l’image de la maintenance prédictive des machines industrielles qui fonde les usines 4.0 de l’ « industrie du futur ». On est entré dans l’ère du management industriel de l’homme et la médecine a tragiquement perdu son caractère de correction des défauts de nature. Le désancrage de la nature est un divorce de l’homme avec la nature humaine. C’est ontologiquement désastreux et humainement tragique car il s’agit d’une vision statistique et massificatrice de l’approche médicale et plus , comme le déplorent certains médecins – encore trop peu nombreux – , d’un contact privilégié et direct entre le médecin et son patient. D’ailleurs, le patient disparaît puisqu’ il est « traité » avant de pâtir, de souffrir. L’essence du Great Reset est bien là, la destruction-créatrice de l’homme pour faire émerger un hybride nouveau, un post-homme désancré de la nature. L’évolutionnisme est paradoxalement devenu un créationnisme de tous les instants, anarchique et inquiétant, sans Dieu, sans loi et sans nature.

Nous entrons dans une période de combat politique qui trouvera son aboutissement dans les élections présidentielles de 2022. Ce qui vient d’être dit est sans doute plus « politique » que le taux de chômage, le taux de croissance, les politiques de la ville, la sécurité ou les programmes scolaires. L’enjeu de la période est la stabilité de l’espèce humaine, son ancrage dans la nature. Il s’agit de veiller à une véritable écologie de l’homme à rebours de son artificialisation, de sa mutation en données, de sa dissolution dans une gnose où son corps n’est plus sa propriété. « Si c’est un homme » disait Primo Levi. Nous semblons avoir tragiquement oublié cette énigmatique proposition… 

1 réflexion au sujet de “Postmodernité et évolutionnisme : la disparition programmée de l’homme ?”

  1. Clair, passionnant.
    Deux remarques:
    On voit mal comment ( et pourquoi ) le numérique sortirait des logiques entropiques et évolutionnistes. Si il apparaît c’est qu’il est un produit de l’évolution comme tout langage et pas nécessairement portant plus loin la compréhensions de l’existant, (seul objectif valable au demeurant, volontaire ou obligé). De nombreuses espèces ont disparu comme autant de voies sans issue.
    Le vivant, par sa complexité et son unicité (Lamarque et sa force vitale aussi incompréhensible que la gravitation) ouvre, lui, à l’analogique qui dépasse le numérique comme l’intuition dépasse le raisonnement, accédant directement à la solution en se dispensant de tout calcul car il n’y a qu’une seule conscience celle de l’existant, cet être vivant … évolutionniste!
    Niesche disait : nous avons tué Dieu, il nous faut inventer le surhomme.
    La finalité en est le pouvoir et l’immortalité pour quelques uns. Sans intérêt.

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