Chroniques

Pourquoi nous voterons pour Marine Le Pen contre Emmanuel Macron le dimanche 24 avril.

A quelques jours de l’élection présidentielle, des tribunes fleurissent pour faire barrage à l’ « extrême-droite » selon la formule consacrée : le monde de la culture avec ses 500 artistes subventionnés par le Main Stream de la pensée, le monde de la santé qui, dans une tribune délirante au JDD, appelle à l’ « égalité, la liberté et la fraternité » quand le parcours de santé est devenu un parcours du combattant pour les personnes malades n’ayant pas voulu céder à l’injonction vaccinale déguisée du 12 juillet 2021. Ces « personnalités » ont beau nous refaire le coup du Front républicain contre Poujade, force est de constater que la sauce ne prend plus vraiment, comme le regrette Édouard Philippe pour qui « le front républicain n’est plus un réflexe naturel, par lassitude sans doute (sic !) ». On rêve en effet dans les rangs macronistes d’un remake Extrême droite contre « République » pour assurer la réélection de Macron. Mais aujourd’hui, à bien y regarder, le combat ressemble surtout à celui de l’extrême-centre, réellement extrémiste, contre le Chirac de 1995, à quelques nuances près. 

Cette élection est un carrefour pour la France qui doit relever les défis suivants : le Grand Remplacement, l’agenda de la Grande réinitialisation, le positionnement international de la France face aux États-Unis et à la Chine, la dissolution de sa souveraineté et de son indépendance dans le Léviathan technocratique de l’Union européenne, la fracturation de la société par l’ignoble politique sanitaire. Aucun des deux candidats, c’est une évidence, ne relèvera point par point ces grands défis. Mais les deux candidats, face à ces mêmes défis, conduiront la France vers des chemins diamétralement opposés. 

Emmanuel Macron est le candidat de l’extrême-centre. Marine Le Pen celle de la souveraineté française restaurée. 

Macron est le candidat de la Grande Réinitialisation, celui des mots-clés offerts par McKinsey et les Young Global Leaders, ceux de la consulting policy, du globbish mondialiste : « bienveillance », « pacte », « bien-être », « innover », « plus d’humanité », « la force des territoires », « rendre notre société résiliente ». Tous ces termes fonctionnent comme un écran et resservent le modèle de 2017 : la société du mouvement, la mobilité universelle, la disruption, l’agilité, l’amélioration continue dans la tradition de l’« État-entreprise » comme l’écrivait Pierre Musso en 2017 (Pierre Musso, le Temps de l’Etat-entreprise).

Le terme qui apparaît le plus fréquemment dans le programme d’Emmanuel Macron est celui de « chantier » : le chantier de l’école, le chantier de l’accès aux soins, le chantier de la démocratie. Avec Macron, la France est en travaux perpétuels. C’est du reste tout à fait emblématique de notre quotidien, dans les villes notamment, où tout est chantier, tout est commencé, rien n’est achevé, n’a de forme stable. Cette politique de l’ « amélioration continue », directement issue du monde des start-ups, est une philosophie de la mutation permanente, du chaos planifié. La vertu est dans le mouvement. Le chaos engendre du neuf. Tout ce qui est stable est mort. Tout doit être en « chantier ». L’objectif du macronisme n’est pas le « produit fini », l’état démocratique, mais le process, le « chantier » de la démocratie. Il en va ainsi pour tous les domaines de la politique macronienne qui est avant tout une méthode : introduire le chaos, sortir de la zone de confort pour faire émerger la nouveauté. Dans son meeting à Marseille, Emmanuel Macron a bien mentionné sa volonté de « complètement refonder », au cours de « cinq années de renouvellement complet », cette refondation ayant du reste un sens ambigu : corriger les manquements manifestes aux exigences démocratiques durant ces 5 années ? Procéder à une grande réinitialisation méthodologique d’abord puis politique ensuite dans le sillage du livre de Klaus Schwab Covid-19, Great Reset dans la continuité de l’action entreprise depuis 2 ans ? On l’aura compris, la « refondation » a déjà commencé. Pour une France créative et productive, Emmanuel Macron souhaite « transformer l’État par le numérique » et prend pour référence l’application « TousAntiCovid » qui, selon lui, a permis une simplification des procédures. Il s’agit donc bien de reporter ce modèle à tous les domaines des politiques publiques et d’assurer ainsi une traçabilité de tout et de tous. Le numérique, perdu dans le programme, est pourtant le cœur de la « refondation » évoquée par le candidat. Il s’agit d’élaborer une e-administration, de tout procéduraliser afin de réduire les aléas de la politique et de la démocratie. Le libre choix, c’est l’aléatoire, c’est l’imprévisible. On notera que la réflexion institutionnelle est très peu présente dans le programme de Macron. Rien de surprenant. Pour lui, la République gaullienne est un objet politique obsolète : le dysfonctionnement de toutes les institutions censées protéger les libertés publiques a montré en 2021 que la charpente de la Vème République n’était plus adaptée au monde postmoderne. Pour Macron, la hiérarchie des normes obéit à la taille des institutions : les organisations internationales, l’Union européenne, puis l’État-nation dans une logique de poupées russes, l’État ayant compétence liée par rapport aux échelons « supérieurs » désormais pertinents pour toute politique publique. 

Marine Le Pen oppose à cette vision impolitique un retour aux sources de la Vème République : le recours au référendum pour les questions qui engagent la survie de la nation (référendum sur l’immigration), le retour à une hiérarchie des normes qui permette l’expression de la souveraineté française. Rien d’extrémiste dans ces propositions, bien au contraire. Ce faisant, Marine Le Pen, comme je le suggérais dans « Petit exercice de prospective politique » s’affirme, avec Eric Zemmour, comme la plus républicaine des candidats puisqu’elle s’attache à donner aux institutions une stabilité et une assise qui lui font cruellement défaut aujourd’hui en réhabilitant le « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » (Constitution de la … IVème République, article 2). 

Emmanuel Macron est ainsi le candidat de la soumission de la France, Marine Le Pen, la candidate de son indépendance. 

Emmanuel Macron évoque très peu dans son programme les affaires internationales. Ce relatif silence montre une gêne bien compréhensible. Le macronisme est avant tout un mondialisme et la politique de la France est désormais internationalisée. Restreindre la politique à l’échelon national, c’est, selon lui, renoncer à un agenda interconnecté entre les pays qui souhaitent coordonner leur politique de santé sous l’égide de l’OMS, leur politique migratoire sous l’égide de l’ONU (cf. Pacte Mondial de 2018 sur des migrations sûres, ordonnées et régulières), leur politique militaire sous l’égide de l’OTAN, les politiques publiques dont la diplomatie sous l’égide de l’Union européenne, la grande machinerie normative. A ce sujet, la fin des corps diplomatiques en avril 2022 est le signe que la voix internationale de la France s’efface devant une voix européenne. Dominique de Villepin a qualifié cette décision de « faute historique » qui place la diplomatie au rang d’une administration comme les autres, ce qu’elle n’est fondamentalement pas. Par la voix d’Ursula Von der Leyen, l’UE a pris d’ailleurs une place tout à fait disproportionnée dans l’affaire ukrainienne notamment par le financement et la livraison d’armes à hauteur de 450 millions € fin février 2022. Cette place laissée à l’UE montre que la France n’est plus une entité politique autonome, libre de ses décisions, souveraine en somme. 

Marine Le Pen, en souhaitant renforcer le budget de l’armée (55 Md € par an) , envoie un signal fort pour une indépendance militaire de la France et une « diplomatie de défense vraiment souveraine ». En se retirant du commandement intégré de l’OTAN, elle met la France à une distance respectable des États-Unis. En encourageant les relations bilatérales, elle met fin au rêve cosmopolite d’un multilatéralisme de surcroît hypocrite. En œuvrant à transformer l’Union européenne en Alliance Européenne des Nations, elle place la France hors du Léviathan débilitant qu’est l’Union européenne qui est le contraire de l’Europe. En ayant une diplomatie de la mer, elle souhaite valoriser et faire fructifier la présence de la France dans des zones hautement stratégiques comme l’Océan Indien ou l’Océan Pacifique, enjeu géopolitique majeur aujourd’hui. En évitant de transformer la France en appendice des États-Unis sur le plan militaire et culturel, de la Chine sur le plan économique et technologique, elle n’oublie pas le dialogue nécessaire avec la Russie en dehors de l’hystérie qui a été le fait de médias ridicules sur l’affaire de l’Ukraine. 

Emmanuel Macron est ensuite le candidat du néo-communisme davocratique. Marine Le Pen est une candidat ordo-libérale localiste.

Si Emmanuel Macron souhaite faire de l’écologie son « chantier » prioritaire, il s’inscrit de fait dans la perspective de la Grande réinitialisation écologique prônée par le Forum Économique Mondial de Davos. En donnant à son futur Premier ministre des prérogatives sur l’écologie, en élaborant une « planification assumée » – le terme « assumée » est intéressant ! – Emmanuel Macron s’inscrit dans un agenda global, l’Agenda 2030 et distille dans son programme des signaux d’une politique coercitive à ce sujet : « faire dépendre la rémunération des dirigeants du respect des objectifs environnementaux », une planification déclinée « dans chaque territoire », « dans chaque grand secteur économique ». Ce n’est pas un libéral qui s’exprime ici mais un dirigeant néo-communiste, dans le cadre d’un communisme post-moderne qui serait un savant dosage entre les méthodes chinoises et la politique de planification soviétique. L’écologie, tout comme la vaccination en fut la voie d’entrée, est l’étape cruciale pour l’élaboration d’un nouvel ordre mondial. A urgence planétaire, urgence d’un gouvernement planétaire, urgence aussi de recodifier les comportements, les habitudes de consommation et d’opérer ainsi une révolution des codes comme le souhaitait, en 2021, Jacques Attali. Ainsi s’explique la fascination de l’entourage politique de Macron pour le « modèle chinois » notamment pour le contrôle social que les politiques s’efforcent de faire entrer dans les mœurs comme les pousseurs au Japon s’efforcent de faire entrer les gens dans les métros bondés ! L’écologie, en effet, est le cheval de Troie de cette Grande réinitialisation mondialiste. Emmanuel Macron est l’exécutif et l’exécutant de cette politique. Ce faisant, il est l’exécuteur de l’indépendance politique française désormais sous l’égide de Davos. 

Marine Le Pen s’éloigne d’une conception punitive de l’écologie en plaçant au centre de son projet l’écologie de l’homme, totalement oubliée dans les projets dits « écologistes ». Par la stratégie des circuits courts et de l’économie circulaire, elle compte maîtriser deux aspects redoutables de l’économie globalisée : la pollution par les transports maritimes qui ont explosé du fait de la mondialisation économique et l’abus de l’obsolescence programmée qui accroît considérablement le volume des déchets (matières premières polluantes, métaux rares notamment). Il s’agit en outre de revitaliser les territoires ruraux et donnant priorité à la production française sur les importations à bas prix par un système de compensation. L’objectif est de recréer un écosystème écologique non par une économie décroissante mondialisée (Great Reset) mais par une croissance territorialisée, un localisme (Hervé Juvin) plus soucieux des équilibres économiques à l’échelle des territoires.

Emmanuel Macron est enfin le candidat du Grand Remplacement, Marine Le Pen celle de l’assimilation républicaine.   

La politique suivie jusqu’à présent parle pour lui. Avec 350 000 entrées par an, 87% des OQTF non exécutées, l’islamisation presque achevée de villes entières notamment en banlieue parisienne, Emmanuel Macron s’est accommodé d’une sécession qui ne dit pas son nom, d’une défrancisation progressive de pans entiers de notre territoire. Le cœur de la politique sociale d’Emmanuel Macron tient en deux mots : « faire Nation ». La France n’est pas une terre, avec son épaisseur historique, culturelle, civilisationnelle mais une zone, un « hall de gare » où la simple présence vaut adhésion, où le « pacte » n’est plus signé. Etre là vaut signature. S’imposer vaut citoyenneté. Ainsi, par ce concept « faire Nation », le peuple français ne choisit plus celui qu’il veut intégrer ou assimiler à son destin. Il attend la décision du migrant de venir, de rester, de coloniser et doit faire avec ! C’est une démocratie inversée où le peuple allogène décide pour l’indigène. Il vient et ensuite nous sommes sommés de « faire Nation ». C’est toute l’ambiguïté du « avec vous ». Qui est « nous » justement ? A cette question, Emmanuel Macron s’empresse de ne pas répondre pour occulter cette vision d’une France défrancisée, prête ainsi à accueillir tous les peuples, à se fondre dans un échelon politique pertinent selon lui, l’Union européenne, le Léviathan technocratique sans identité, sans passé, sans mémoire. Ou plutôt, il y a déjà répondu dès 2017: « il n’y a pas de culture française », « l’art français, je ne l’ai jamais vu », ou plus récemment « La France, c’est l’universel plus la langue. Et son épicentre est à chercher sur le bassin du fleuve Congo plutôt que sur les rives de la Seine ». Pour Macron, la France doit se dépouiller de sa francité pour être elle-même. C’est une Cancel culture généralisée, une sorte de réinitialisation identitaire qu’il a toujours appelée de ses vœux. 

Marine Le Pen propose un programme de « protection de la nationalité française et de l’identité de la France » : en supprimant le droit du sol, en restreignant la transmission de la nationalité à la filiation, elle conditionne l’acquisition de la nationalité française à un respect minimal de la France et à une assimilation authentique : mettre fin à l’immigration de peuplement qui contredit le droit d’asile, traiter les demandes d’asile à l’étranger, réserver les aides sociales aux Français, expulser les clandestins, les délinquants et criminels étrangers, tout cela est le lot commun de la plupart des pays, y compris européens, et on voit mal en quoi cette vision pourrait faire l’objet d’un procès en extrémisme. Marine Le Pen reprend même les principes de l’assimilation républicaine française traditionnelle depuis les premières vagues migratoires européennes. En reprenant à son compte une définition contractuelle de la francité, elle est même loin d’associer la francité à un ethnos ou à une religion. On pourrait presque lui reprocher de la tiédeur dans ce domaine car cette politique est inspirée de la IIIème République, des débuts de la Vème. Dans ces conditions, dire que cela rappelle les « heures sombres des années 30 » est un mensonge historique et hystérique qui ne doit pas abuser les Français. 

Il ne s’agit pas de trouver soudain admirable et sublime le programme de Marine Le Pen. Nous avons voté pour Eric Zemmour et son projet était, selon nous, à même de répondre exactement aux défis proposés par les tensions identitaires, économiques, sociales, civilisationnelles propres à la post-modernité. Mais il ne s’agit plus de finasser, de louvoyer. Nous sommes face à un candidat qui a fracturé la France, un candidat d’extrême-centre, un candidat de la soumission, un néo-communiste davocratique et un remplaciste patenté. Face à lui, nous choisissons sans aucune réserve Marine Le Pen et voterons pour elle le 24 avril. 

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