Chroniques

Le CEO de Davosfrance confirmé à son poste le 24 avril

Avec 58,54% et malgré les 28,1% d’abstention, Emmanuel Macron a obtenu le dimanche 24 avril une victoire vraiment « éclatante ». Son bilan aurait dû parler nettement contre lui : crise des Gilets Jaunes, violence politique contre les opposants à la Startup nation déracinée, affaire Benalla, désastreux symbole décadent de la fête de la musique digne d’un Satiricon postmoderne, départ de Gérard Collomb qui avertit sur le passage du « côte à côte » au « face-à-face », gestion calamiteuse de la crise sanitaire, suspension injustifiée des libertés publiques, déroute institutionnelle des pouvoirs publics, division de la citoyenneté et création d’une inimitié politique entre Français, utilisation de cabinets privés comme Mc Kinsey pour des missions de service public, le tout sur fond de Grand Remplacement qui va son train de sénateur et de Grande réinitialisation qui est amorcée par la culture QRCode. Emmanuel Macron n’aurait pas dû oser même se représenter devant les Français.  Pourtant, non seulement il s’est présenté, sans faire campagne, mais il a remporté une victoire nette inversement proportionnelle à l’indignité avec laquelle il a exercé son mandat présidentiel. 

A cela plusieurs raisons.

Tout d’abord, Emmanuel Macron a reçu un soutien médiatique et politique qui a permis de conduire un véritable management des thèmes de campagne. Le premier thème qui est ressorti, grâce à l’émergence de la candidature Zemmour, fut celui du Grand remplacement, un thème majeur qui touche à l’identité de la France sérieusement mise en péril par 40 ans d’immigrationnisme d’Etat et de laxisme judiciaire. Ce thème a curieusement exercé un phénomène d’attraction politique en février puisque Valérie Pécresse s’y est embourbée dans son meeting du Zénith. Mais le déclenchement de la guerre en Ukraine, fin février, a présenté une opportunité médiatique pour casser cette cristallisation thématique. Une deuxième campagne a dès lors commencé où les médias ont repris le flambeau pour imposer les thématiques favorables à Emmanuel Macron : l’Union autour du drapeau, l’Union européenne, le pouvoir d’achat. Nous ne sommes plus parvenus à sortir de cette ornière. Les thèmes essentiels ont été dès lors occultés – le Grand Remplacement – ou n’ont pas pu émerger – la Grande Réinitialisation – alors que le scandaleux système McKinsey au mois de mars pouvait présenter une voie d’entrée concrète et donner des fruits politiques juteux.

L’effet « Front républicain » s’essouffle incontestablement mais il est resté opérationnel dans la dernière ligne droite lorsqu’il s’est agi de se répartir les voix de Mélenchon. Le « pas une voix pour Marine Le Pen » répété comme un mantra a empêché une coalition de circonstance possible contre l’extrême-centre mondialiste. C’était le calcul initial de Marine Le Pen et cela aurait pu être électoralement payant. Mais c’était sans compter sur l’opération de rediabolisation grossièrement menée par les médias en dehors de tout bon sens et de toute évidence, Marine Le Pen ayant clairement dévoilé les distances intérieures, les béances intellectuelles et politiques qui la séparent de l’« extrême-droite ». Marine Le Pen croit encore en cette érosion naturelle du front républicain. Lors de son appel à Emmanuel Macron, le soir de l’élection pour le féliciter, elle aurait même dit que dans 5 ans, ce serait « la bonne pour elle ». 18% au premier tour en 2012, 33% au second tour en 2017 puis 41,5% en 2022. A France constante, on est tenté de poursuivre la suite arithmétique et je serai assez disposé à le croire mais le paysage politique sera-t-il le même dans 5 ans ?

En définitive, il a plané dans cette élection comme un air de fatum qui s’est conclu par l’Ode à la Joie le soir du 24 avril. Emmanuel Macron n’a pas fait campagne lors du premier tour. Il n’a jamais douté lors du second quoiqu’intranquille pendant le débat qui l’a opposé à Marine Le Pen. Pour la première fois, il a attaqué, la meilleure défense, et paradoxalement Marine Le Pen a joué la défense, ce qui mettait Emmanuel Macron à l’abri de rendre des comptes sur sa présidence de division et de décadence. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Cette victoire ne fut pas vraiment célébrée, la fête s’est arrêtée vers 22 :00, tout fut plié après l’image saisissante du président entouré par des enfants dans une scénographie qui faisait écho à sa conclusion du débat sur « la protection de l’enfance ». C’est un peu comme si l’élection était le passage obligé, le mal nécessaire – l’agenda démocratique – pour poursuivre l’agenda davocratique, le sérieux, France 2030. Emmanuel Macron est passé par la case élection comme on passe au péage : il a fallu payer un peu de son temps, de son énergie pour poursuivre sereinement la route, celle tracée par ses pères idéologiques et politiques, Klaus Schwab, Jacques Attali, et tous les cercles d’influence qui sont, eux, « maîtres des horloges ».

Mais, tout cela aurait été impossible sans les voix des Français. On dit Emmanuel Macron « mal élu », élu « par défaut ». On se berce d’illusions. 

Les Français ont globalement, même si cela fait peine à le dire, approuvé sa présidence et le lui ont manifesté par ce résultat sans appel. Cela paraît à peine croyable mais ce qui aurait dû être une manifestation de rejet inconditionnel ne fut pas loin d’être un plébiscite. Les Français ont lu bien différemment sa politique sanitaire : ils y ont vu du volontarisme politique, l’exercice d’une autorité, ont sans doute trouvé en Emmanuel Macron le représentant d’un Nouveau Parti de l’Ordre qui, selon la majorité en tout cas, répond aux désordres de notre monde. Emmanuel Macron a su décentrer les véritables points de tension : couvrant d’un voile opaque la sécession démographique, culturelle et spirituelle des « quartiers », il a réussi à cacher que ces espaces étaient le véritable facteur de désordre d’une Nation bousculée dès lors dans sa civilisation, dans ses mœurs, dans ses habitudes visuelles. Il a créé, durant son premier mandat, de nouveaux sécessionnistes, boucs-émissaires de l’ordre nouveau sur fond de Grande Réinitialisation : « délinquants » de l’économie qu’ils « paralysent » (les Gilets Jaunes), « délinquants » routiers (vitesse, stationnements etc…), « délinquants » anti-écolo (les carboneurs diésélistes), « délinquants » citoyens (« anti-vax »). Ce sont ces fauteurs de trouble, les nouveaux tragoi de la mondialisation, dont les retraités aisés, les jeunes qui croient être les winners du nouveau monde ont voulu se protéger. Cette France périphérique et l’autre se sont regardées en chien de faïence et le combat électoral a bien penché en faveur de cette dernière. Ce n’est pas une fatalité certainement mais en 2022, comme on le dit, il n’y a pas eu photo.

Ne voyant pas d’opposition entre l’appel à « Notre Europe » et la souveraineté politique de la France, une majorité de Français a adhéré en outre à ce qu’ils considèrent comme une ambition politique nouvelle, ne voient plus d’un mauvais œil le dépassement d’échelle d’une France désormais trop petite pour affronter la nouvelle logique des blocs. Tout est politiquement, médiatiquement fait pour nous convaincre que la France n’est plus qu’un Hexagone, qu’un espace « rabougri », que sa culture, sa langue sont des vestiges mais que l’histoire s’écrit ailleurs. 

Cet « ailleurs » est une des branches du carrefour que j’évoquais dans un article précédent. Malheureusement, le corps électoral a engagé la France dans cette voie le dimanche 24 avril. On peut compter sur Emmanuel Macron pour transformer la France, la dissoudre désormais dans un nouveau pays : le « Notreurope », avec sa capitale « Davos », ses nouveaux habitants, les « cellezéceux », les « toutezétous », son nouveau régime, un communisme postmoderne et sa nouvelle devise : nous ne possèderez rien et en serez heureux…

3 réflexions au sujet de “Le CEO de Davosfrance confirmé à son poste le 24 avril”

  1. Nous pensions naïvement être majoritaires, au moins, au niveau des idées. Il faut croire que non. On a beau tourner et retourner les motifs apparents et raisons profondes de l’impuissance de la cause nationale à s’imposer, Macron est bel et bien réélu. Sans alliance réelle, l’élection législative risque d’être derechef une cuisante défaite. On parle sans cesse du grand remplacement par référence à l’immigration invasive qui va se poursuivre n’en doutons pas. Mais, il y a aussi le changement de peuple autochtone dans sa mentalité : le Français de 2022 n’a rien à voir avec celui de 1914. La fibre patriotique ne s’exprime plus que dans les stades de football et lors de meetings politiques. Le reste du temps, c’est l’intérêt personnel qui prime : les vacances, les subventions, les sorties au restaurant, les relations utiles. Un demi-siècle de socialisme ininterrompu a transformé le peuple et pas en bien : veulerie, fainéantise, compromission, violence, saleté… Bref, la France de Macron ressemble furieusement à la RCA de Bokassa 1er. Mais nous refusons de voir que ce pays est en voie de sous-developpement. Il est désormais une petite puissance moyenne, sans envergure habitée par un peuple bigarré qui ne connaît même plus son Histoire ni sa langue. Quant à la République, Marianne semble mûre pour l’EHPAD. Une foule de courtisans serviles et sans scrupules se prosternent chaque jour aux pieds de notre président picrocholien dont l’ego déjà surdimensionné va continuer de gonfler vers une sorte de folie. Par confort et lâcheté, les Français ont abandonné leur pays, devenu une région européenne et un dépotoir libanisé. Plus tard, après Macron, il n’est pas interdit de penser que nos nouveaux maîtres feront de nos cathédrales de splendides mosquées.

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