Economie

Le keynésianisme artificiel ou l’aporie de la société de crédit

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L’économie occidentale s’est fondée en partie sur le crédit et sur la possibilité de réaliser des investissements massifs pour engendrer la croissance future. Ce modèle a été reporté sur la société de consommation et a engendré des excès désastreux.

La circulation de la monnaie et la santé économique de la zone euro est déterminée par le jeu sur les taux d’intérêt directeurs que fixe la banque centrale. En cas de conjoncture haute, les taux d’intérêt sont relevés pour éviter inflation et surchauffe de l’appareil productif ; lorsque la conjoncture est faible, les taux d’intérêts sont relancés pour amener le l’investissement. Si ce schéma a fonctionné globalement jusqu’en 2011, la causalité entre taux d’intérêt bas et relance de l’économie (production, productivité grâce aux investissements) n’est plus établie d’où l’impression de blocage : la capacité d’endettement est accrue par la permissivité des banques, mais le pouvoir d’achat diminue, les deux effets s’annulant. Dans une illusion keynésienne,  les établissements bancaires ont favorisé une société de crédit pour encourager la consommation à court terme hypothéquant l’avenir à long terme. La consommation instantanée a été investie d’une valeur économique forte encouragée par une baisse incitative des taux d’intérêt. L’effet de richesse  évoqué par Frederic Mishkin dans Monnaie, banque et marchés financiers en 2010 s’est manifesté auprès des propriétaires accentuant ainsi le taux d’endettement des ménages dont le niveau de vie dépassait largement les capacités financières. La crise des subprimes est imputable d’abord à cette perversion du keynésianisme qui a conduit les ménages à hypothéquer l’avenir pour une satisfaction consumériste immédiate sans assurer les capacités de remboursement. Propriétaires d’un patrimoine virtuel non financé et non finançable, la confiance a subitement disparu et la société de crédit est devenue une société de défiance. Le crédit ou la confiance, notion fluctuante, psychologisante et qui tient à des critères subjectifs et non objectifs est au fondement d’une économie sophistique au fonctionnement baroque, aléatoire et imprévisible, hypersensible au moindre mot, au moindre fait. Cet irrationalisme économique, créateur de bulle spéculative et de krach ne fait qu’accentuer l’hiatus croissant entre économie virtuelle et économie réelle qui est au cœur de notre problématique économique. Les Etats, dans cet environnement incertain, ne détiennent plus de prérogatives décisionnelles en matière économique. Comme l’affirmait Robert Barro en 1989, tout au plus, peuvent-ils favoriser les conditions de la confiance c’est-à-dire les conditions d’une stabilisation des flux par l’instrument fiscal. La taxe Tobin, qui a fait l’objet de larges débats à la fin des années 90, contrairement à ce que croyait ses défenseurs altermondialistes de l’époque, avait pour objectif de ralentir la vitesse de circulation des biens, et des capitaux afin de stabiliser les flux dont la vitesse de circulation conduisait à la méfiance en restreignant par effet induit les échanges.

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